Provence-Alpes-Côte-d'Azur patrimoine et histoire

De sites en monuments, de musées en expositions, découvrez les plus beaux trésors d'une destination culturelle d'exception d'une terre qui a inspiré et charmé les plus grands artistes, maîtres, créateurs et auteurs les plus célèbres.

Les amateurs de vieilles pierres y trouvent également leur compte avec pas moins de 1 800 édifices inscrits aux Monuments historiques.

Les Provençaux sont des fervents défenseurs de leur patrimoine, qu'il soit naturel ou culturel. Nombre de sites sont protégés et préservés afin de garder leur authenticité. Les habitants s'attachent également à perpétuer les traditions souvent séculaires en mémoire de leurs aïeuls et aussi pour satisfaire la curiosité réjouie de " l'estranger ".

Architecture religieuse en Provence-Alpes-Côte-d'Azur

La Provence-Alpes-Côte d'Azur possède un patrimoine culturel particulièrement riche composé d'un grand nombre d'églises et de chapelles baroques. Après les styles dépouillés du Moyen Âge et austères de la Renaissance, l'art baroque consacre le triomphe de la ligne courbe après la dictature architecturale de la ligne droite.

Sous l'impulsion initiale de deux très grands architectes italiens, Bernin et Borromini à qui l'on doit la création d'un véritable courant artistique, les églises italiennes s'emplissent de volutes, de stucs, d'angelots joufflus (putti) et de frontons. Les entablements s'incurvent et rompent leur alignement tandis que les peintures, les retables et les statues se peuplent d'ailes d'anges, de motifs floraux, d'allégories sensuelles dans une explosion de volumes et de couleurs. Toute expression artistique devient exubérante : on renforce l'illusion par des effets en trompe-l'oeil et par une conception théâtrale du décor.

Les amateurs d'art baroque trouvent leur bonheur dans un circuit spécialement étudié pour eux : au départ de Nice et jusqu'à Menton, on remonte toutes les vallées jusqu'à Tende, ratissant ainsi l'essentiel des oeuvres les plus intéressantes de cet art si particulier. Ce parcours trouve son prolongement dans un programme de concerts de musique baroque qui se déroule dans les églises et les chapelles des vallées de la Bévéra et de la Roya de juin à septembre chaque année : les Baroquiales.

Architecture militaire de la Provence-Alpes-Côte-d'Azur

Le long du littoral azuréen ou dans les vallées de l'arrière pays niçois, il existe un patrimoine architectural militaire important : des constructions imposantes de type forteresse aux bunkers, plus discrets mais nombreux, voici un petit aperçu de ces trésors que l'on peut visiter, vestiges d'un temps parfois pas si lointain...

Le fort du Mont-Alban à Nice, la citadelle Sainte-Elme à Villefranche-sur-Mer et la forteresse Saint-Hospice à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Trois édifices construits à la demande du Duc de Savoie au XVIe siècle qui préfigurent un nouveau type de fortifications bastionnées selon un tracé dit " en étoile " pour répondre aux nouvelles techniques de l'artillerie en usage à l'époque et permettant de renforcer le système défensif de chaque commune. En France, ils sont aujourd'hui l'un des rares témoignages d'architecture militaire de cette époque parfaitement bien conservés.

Le Château de Nice et la Tour Bellanda sont deux ouvrages fortifiés à vocation militaire. Le château a existé du XIe au XVIIIe siècle sur la colline qui porte aujourd'hui son nom. La vieille ville était entourée d'un mur d'enceintes. Sauf la Tour Bellanda, superbement restaurée et transformée en musée, l'ensemble de ces fortifications fut détruit à l'explosif par Louis XIV en 1706. Tandis qu'il ne reste aucune trace des remparts du vieux-Nice, excepté sur le Cours Saleya, le château demeurera en état de ruines : on peut d'ailleurs visiter le site, envahi par la végétation et aménagé en lieu de promenade.

La batterie ou " Fort Tabourde " à Tende date de 1883. Il faisait partie des cinq batteries de protection satellites du fort de barrage de Colle Alto. Conçu pour 120 hommes, le fort et ses bâtiments annexes (corps de garde, poste de télégraphie optique et batterie de mortier) furent désarmés durant la première guerre mondiale et laissés à l'abandon depuis par l'administration française.

Le Fort Carré à Antibes domine la Méditerranée perché sur la presqu'île Saint-Roch. Construit sur ordre du Roi de France Henri II dans la seconde moitié du XVIe siècle, le site occupe une position stratégique. Jusqu'au XIXe siècle, il servit de sentinelle pour la frontière avec le Comté de Nice et de poste de défense pour Antibes. Lorsque Nice fut rattachée à la France en 1860 et que la frontière recula, il fut déclassé militairement : les soldats intègrèrent des casernes plus modernes dans lesquelles s'installera, après la seconde guerre mondiale, un centre de formation sportif militaire de haut niveau mené par du personnel de l'École de Joinville. Le fort Carré, cédé par l'Armée au ministère des Sports en 1967, est racheté par la Ville d'Antibes en 1997, qui y organise des visites guidées.

Le Fort Royal de l'île Sainte-Marguerite édifié en 1617 par le Duc de Guise avait pour mission de verrouiller l'accès à Cannes par la mer. La bâtisse fut quelques années plus tard agrémentée d'autres constructions, lui donnant sa forme actuelle de pentagone (Vauban). A l'intérieur de l'enceinte, subsistent une chapelle et plusieurs hangars affectés à l'hébergement des troupes et aux magasins d'artillerie. On y aménagea plusieurs cellules : l'ouvrage devînt une prison d'État et le célèbre mais inconnu " Masque de Fer " y fut détenu pendant 11 ans de 1687 à 1698. Le fort, qui aurait besoin d'être restauré, est néanmoins sécurisé, permettant d'être visité.

La ligne fortifiée du Paillon : les communes de Levens, l'Escarène et Conte de l'arrière pays niçois à environ 800 m d'altitude, forment de part leur géographie, un obstacle naturel aux invasions du ponant ainsi qu'un couloir de circulation entre Nice et la vallée de la Vésubie. On y trouve, le long du Mont Férion et jusqu'à la mer en passant par le Mont Macaron et le plateau Terrier, un vaste ouvrage fortifié en pierres sèches établi par les troupes françaises venues envahir le comté de Nice en 1747.

Les châteaux de la Provence-Alpes-Côte-d'Azur

Au fil de ses forteresses, palais et châteaux, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a su mettre en valeur un patrimoine historique des plus remarquable.

Plus de châteaux :

Château de la Barben : www.chateaudelabarben.fr

Château Grimaldi musée Picasso : www.antibes-juanlespins.com/les-musees/picasso

Château d’If, à Marseille : if.monuments-nationaux.fr

Palais de la Préfecture, à Nice : www.nicetourisme.com

Château de l’Empéri, Salon-de-Provence : www.salondeprovence.fr

Ouvrages d’art en Provence-Alpes-Côte D'Azur

Ponts et bacs sur la Durance.

Au cours des siècles, des bacs puis quatre ponts furent mis en oeuvre afin de faire vivre les communautés. C'est sur des troncs d'arbre que l'homme de la préhistoire traversait la Durance. Au temps des Romains, un corps de bateliers utriculaires se tenait à Cavaillon. Ils naviguaient avec des barques ou des radeaux halés dans les deux sens du courant. Ce n'est pas en période sèche que sa puissance inquiétait les anciens mais en période d'orage.

1843, 1887, 1888, 1907, restent des dates légendaires. En 1907, lors de la crue provoquée par la fonte des neiges, l'eau de la Durance recouvrait la plaine sur plus de quatre kilomètres. Jean Giono décrivit en termes pathétiques cette crue  : " A la fonte des neiges, la Durance déborda, ce fut un lointain silence, au fond des horizons de l'est, comme si quelqu'un avait suspendu son souffle, puis le tonnerre se déchaîna. Oh  ! Mais d'abord de très loin, le grondement emplissait le ciel, il allait donner de l'écho à de lointaines collines, et on regarda un peu mieux et on vit le Mississippi qu'on n'imaginait pas. Sur plus de quatre kilomètres de large, l'eau recouvrait la plaine  ; à 50 mètres de nous, elle était déjà profonde et vivante, encerclait les fermes et le courant donnait du sillage des hangars, des garages, des bergeries, des maisons d'habitations qui avaient l'air, par illusion d'optique, d'embarcations remontant à contre-courant.

Souvent l'eau limoneuse éclatait en jaillissements quand s'élevait un arbre, les bras au ciel et retombait emporté ". Mais les chiffres ont aussi leur éloquence incontestable lorsqu'on lit que le débit de la rivière à l'aplomb du pont du Mirabeau était de 46 m3 par seconde à l'étiage de 1870 et de 6 700 m3 par seconde au plus fort de la crue du 11 novembre 1986. Nous vous laissons imaginer la vitesse des eaux à l'étroit de Mirabeau, qui ne mesure que 150 mètres en son col le plus rétréci. Il fallait franchir ce démon capricieux qui ne cessait de se moquer des tentatives entreprises par les hommes pour tenter de la traverser. Les moyens techniques de l'époque avaient donné naissance, dans les années 1100-1200, aux bacs, seuls moyens de liaisons utilisés jusqu'au XIXe siècle sur la Durance.

En 1364, Guillaume Augier de Forcalquier reçut de la reine Jeanne l'autorisation d'établir un bac et perçut un droit de passage sur les marchandises et les radeaux descendant la rivière. Au fil des décennies, la route romaine d'Aix-en-Provence à Riez va longer la rivière pour donner accès au port qui se développe. Elle sera transformée en chemin carrossable de Peyrolles à Saint-Paul-les-Durance. Plusieurs ports se succéderont ici.

Des états descriptifs et estimatifs établis à l'occasion des changements de bailleurs, appelés fermiers du bac dans les textes, donnent des précisions sur les imposantes dimensions des barques. Le bac était construit en bois de sapin avec la courbe en bois de chêne, d'une longueur totale de 19 mètres, de 5 mètres de largeur et de 1 à 6 mètres de hauteur. Les treuils, câbles, barques, perches, sabots, chevalets, faisaient partie des nombreux accessoires utilisés par le fermier.

La charge que le bac pouvait contenir était de 80 individus y compris les mariniers, soit 15 chevaux, mulets ou boeufs. L'ingénieur ordinaire du corps impérial des ponts et chaussées de l'arrondissement d'Apt avait estimé, le 17 septembre 1813, l'ensemble à 2 874 francs. C'est par adjudication que le bail de fermage était attribué pour une durée de neuf ans. Le dernier bail fut mis en jouissance le 1er janvier 1823 avec pour terme le 31 décembre 1831.

Les crues de la Durance emportaient hélas fréquemment les installations et les bacs. C'est en 1833 que le dernier bac fut mis aux enchères à la mairie de Mirabeau. En 1832, le premier pont vit le jour. Sa durée de vie fut écourtée par la crue de 1843. En 1847, les bâtisseurs envisagent le pont suspendu. Ces techniques ont complètement bouleversé les conditions de circulation.

Mais, là aussi, les études ont été reformulées à maintes reprises. Au fil du temps, suite à de longues préparations, de fastidieux calculs, ces colosses à la longue chevelure d'acier, plusieurs fois blessés par les crues, la guerre et des fréquentations trop importantes, ont acquis dans le monde entier une excellente réputation. Janvier 1985, le pont suspendu de Sully s'effondre.

Une enquête est ouverte sur tous les ponts édifiés à la même époque dont celui de Mirabeau. Les résultats des expertises sont graves, l'ouvrage peut s'effondrer sous son propre poids. En 1986, la reconstruction totale de l'ouvrage est envisagée. Le 13 mars 1990 à 13h, le vieux combattant s'est écroulé dans une déflagration.

Ce serviteur fidèle a laissé place à un jeune premier constitué d'un pont à structure mixte béton et acier. Sa portée totale est de 202 mètres. Il est fondé sur des pieux forés en rivière jusqu'à 30 mètres de profondeur. Le poids de l'acier mis en oeuvre est de 320 tonnes. Cinq générations ont vu se succéder quatre ouvrages d'art sur la Durance. Du haut de ses 2 000 ans, le pont du Gard continue de contempler la Provence.

Les routes historiques incontournables de la Provence-Alpes-Côte-d'Azur

La ligne Maginot.

À la fin des années 1920, un sentiment de peur et d'insécurité gagne l'armée française. L'absence de stratégie efficace pour assurer l'intégrité du territoire accentue cet effroi. En 1927, André Maginot, ministre de la Guerre, présente le projet d'une série d'ouvrages fortifiés traçant une ligne longue de plus de 700 kilomètres du nord au sud du pays, le long des frontières françaises. Dans les Alpes-Maritimes, les premiers coups de pioche sont donnés dès 1928 : des blockhaus (ou casemates) sont édifiés.

Au total, on en dénombre encore aujourd'hui 85 sur l'ensemble du territoire azuréen. La ligne Maginot reste un témoignage unique d'architecture militaire et les nombreux ouvrages ou avant-postes implantés dans le département des Alpes-Maritimes ont joué un rôle dans le conflit de 1939-1945. Parmi les mieux entretenus : le fort du cap Martin dans la commune de Roquebrune, celui du mont Ours vers Castillon ou de Sainte-Agnès, sans oublier la casemate de Rimplas et celle de la Frassinéa dans la vallée de la Tinée.

La route Napoléon.

Elle retrace depuis Golfe-Juan le parcours historique de l'Empereur au retour de l'île d'Elbe en 1815. Débarquant le 1er mars à Golfe-Juan avec un millier d'hommes, Napoléon Ier traverse la Provence jusqu'à Sisteron. La traversée du Dauphiné est une suite d'accueils favorables jusqu'à Laffrey où l'attendent les troupes missionnées par le roi Louis XVIII pour l'arrêter. Les soldats cèdent aux premiers mots de l'empereur déchu et se rallient à lui.

Arrivé aux portes de Grenoble le 7 mars, l'aventurier redevient prince, selon ses propres paroles. Il continue alors sa route vers Paris et reprend le pouvoir le 20 mars pour cent jours, jusqu'au 18 juin 1815 : battu à Waterloo, il est contraint d'abdiquer une nouvelle fois avant d'être exilé à Sainte-Hélène où il mourra le 5 mai 1821.

La route Napoléon, créée en 1930, retrace le souvenir de cette épopée fantastique. L'itinéraire s'enfonce dans le pays de Grasse puis emprunte la nationale 85 à travers les Alpes jusqu'à Digne et Grenoble. À découvrir : Séranon, Escragnolles, Saint-Vallier-de-Thiey, Grasse, Mouans-Sartoux, Mougins, Le Cannet, Vallauris-Golfe-Juan. www.route-napoleon.com

Histoire de la Provence-Alpes-Côte d'Azur

Colonisée déjà par les Grecs, la région faisait partie de la province romaine transalpine dénommée Provincia Romana, d’où dérive son nom actuel, du latin Provincia et, postérieurement, Narbonnaise (en latin Narbonnensis).

La région fut successivement habitée par différentes peuplades germaniques comme celles des Ostrogoths, des Burgondes et des Francs. En l'an 879 apr. J.-C., la région fut incorporée au royaume sous le nom de Provence (quelquefois appelée Bourgogne Cisjurane ou Cisjurásica) et ensuite, au Xe siècle, intégrée au royaume d'Arles.

Au commencement du XIIe siècle, elle fut soumise à la juridiction des comtes de Barcelone sous le règne de Pierre II d'Aragon. Postérieurement, elle perdit toute autonomie, restant soumise à la maison d'Anjou qui gouverna de 1245 à 1482 jusqu'au règne de Louis XI de France et fut définitivement annexée en 1483.

1720-1722 : la grande peste, partie de Marseille, envahit la Provence et la dévaste ainsi que les États pontificaux (comtat Venaissin).

Lors de la Révolution française, la Provence est divisée en départements : Bouches-du-Rhône, Var et Basses-Alpes (futur département des Alpes-de-Hautes-Provence). Le 14 septembre 1791, Avignon et le Comtat Venaissin sont rattachés à la France. Le territoire est temporairement partagé entre Drôme et Bouches-du-Rhône jusqu'à la création le 12 août 1793 du département du Vaucluse.

Parallèlement, la Provence retrouve le comté de Nice et donne naissance au département des Alpes-Maritimes le 31 janvier 1793 avant que celui-ci ne repasse sous le contrôle piémontais. En 1860, suite à un plébiscite, le rattachement du comté de Nice à la France ramène Nice à la Provence. Quelques territoires alpins du comté restent cependant italiens jusqu'en 1947 où un nouveau référendum entraine leur rattachement à la France, mettant un terme à près de sept siècles de division de la Provence, la frontière passant désormais par la ligne de crête.

Les départements de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur sont : les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, les Hautes-Alpes, le Var, et le Vaucluse. Sa géographie se caractérise par la grande diversité et par la nette division de son territoire.

Située en bordure de la mer Méditerranée, au sud-est de la France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur est peuplée de presque 5 millions d'habitants. Son territoire avec une superficie de 31 400 km2 représente 5,8 % de la superficie nationale. Sa population est inégalement répartie : dense sur la côte, rare en montagne.

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Date de dernière mise à jour : 08/09/2017