Architecture militaire

Les fortifications du Moyen Age. Le Poitou-Charentes est célèbre pour ses faits d'armes médiévaux  : bataille de Vouillé (507) et batailles de Poitiers (732, 1356), notamment.

La région a conservé beaucoup de traces du Moyen Age. La plupart des villes sont d'ailleurs nées ou se sont fortement développées durant cette période. Seuls Poitiers et Saintes ont une origine beaucoup plus ancienne (voir précédemment).

La ville de Châtellerault, par exemple, est née au IXe siècle. Elle était au départ le château du seigneur Airaud (le "  castel Airaud  "), édifié à la confluence de plusieurs rivières (Clain, Vienne, Ozon...) pour stopper les invasions vikings. Après l'an mil, les tours en pierre remplacent les anciennes fortifications de torchis ou de bois.

En 1040, le comte d'Anjou, Foulque Nerra, bâtit la tour carrée de Loudun dans une zone de marche (zone intermédiaire) assez turbulente entre les provinces d'Anjou et de Poitou. Après avoir divorcé de Louis VII, roi de France, Aliénor d'Aquitaine épouse en 1152 en seconde noce Henri II Plantagenêt, comte d'Anjou puis roi d'Angleterre. Elle lui apporte en dot toutes ses possessions territoriales.

La rivalité entre Henri et la couronne de France est à l'origine de la construction de châteaux forts (Le Coudray-Salbart dans les Deux-Sèvres) et de fortifications urbaines (le donjon de Niort). Les conflits incessants entre seigneurs locaux puis la guerre de Cent Ans (1337-1453) ont causé de nombreux remaniements des forteresses (consolidations, agrandissements...).

Les éléments architecturaux peuvent dater de siècles différents  : châteaux de Tiffauges (en Vendée, donjon du XIIe, tour du XVe siècle), de Bressuire (dans les Deux-Sèvres, deux enceintes, dont une du XIe et une autre du XIIIe siècle)... A voir également  : le château de Gençay (dans la Vienne, XIIIe siècle), le château et la citadelle de Parthenay (Deux-Sèvres), le château fortifié de Villebois-Lavalette (Charente), l'enceinte de Surgères (Charente-Maritime, remodelée au XVIe siècle), etc. En plus des villes à protéger et des ouvrages purement militaires que sont les châteaux forts, la fortification a aussi concerné quelques édifices religieux  : l'abbaye de Nouaillé-Maupertuis (près de Poitiers, enceinte du XIVe siècle), l'église d'Esnandes (au nord de La Rochelle, XIIe-XIVe siècles), etc.

Fortifications Vauban. Sébastien Le Prestre de Vauban, ingénieur et architecte militaire de Louis XIV, est mort en 1707 en laissant derrière lui un vaste réseau de forteresses. Durant sa vie, il en a remanié 130 et construit ex-nihilo près d'une trentaine.

Notons qu'il ne faisait pas que construire des places fortes, il en prenait aussi, il a mené près de 50 sièges pendant son existence. Douze de ces places fortes ont été inscrites en 2008 au patrimoine mondial de l'Unesco pour leur caractère représentatif du génie protéiforme de Vauban, mais aussi du tournant qu'elles marquent dans l'évolution de l'architecture militaire et également en tant que témoins de la mise en forme d'un réseau de sites frontaliers, prémices de nos frontières actuelles.

Parmi ces douze places, figure Saint-Martin-de-Ré en Charente-Maritime. Vues du ciel les 14 km de fortifications dessinent une étoile de pierre géante qui devait abriter tous les habitants de l'île de Ré en cas de débarquement ennemi. La citadelle, construite entre 1681 et 1685, fut utilisée comme prison au XIXe siècle. D'après l'Unesco, " Saint-Martin-de-Ré est la plus belle application conservée du premier système de Vauban et sûrement le plus bel exemple d'un réduit insulaire ".

Ouvrages d’art

Le pont transbordeur de Rochefort - Martrou.

C'est le dernier pont transbordeur de France. Construit en 1900 pour remplacer le bac traversant la Charente au niveau de Martrou (à Echillais), ce pont devait assurer le passage des piétons sans gêner la navigation sur le fleuve, notamment celle des navires de l'arsenal de Rochefort. Conçu par Ferdinand Arnodin, cet ouvrage métallique est constitué de 2 pylones de 66 mètres de haut supportant un tablier long de 175 mètres sur lequel glisse un chariot. Les passagers embarquent sur une nacelle suspendue à ce chariot, ils n'ont qu'à faire un signe au nacelier pour faire la traversée de 4 minutes et 30 secondes. Le pont transbordeur fonctionne encore d'avril à novembre.

Canal de Marans.

Creusé de 1806 à 1883 entre La Rochelle et Marans (24 km), ce canal appelé aussi canal de Rompsay devait faire la jonction navigable entre La Rochelle et Niort. Son parcours est jalonné de nombreux ouvrages spécifiques tels que quatre écluses (à Marans, à Andilly - ouvrage de croisement -, à Rompsay et l'écluse de jonction avec le vieux port de La Rochelle), le tunnel Saint-Léonard à Dompierre-sur-Mer est équipé d'un chemin de halage et deux ponts-canaux. Le canal n'est plus navigué mais sa réabilitation est dans les cartons du conseil général, concessionnaire depuis 1978.

Les écluses.

On trouve deux types d'écluses en Charente-Maritime  : les écluses fluviales, qui jalonnent la Seudre et la Charente, et les écluses de Ré et d'Oléron. Régies par un système de concession, la pêche y était soumise à des règles très strictes. Ces pièges à poissons, en forme de fer à cheval, ont fait leur apparition au Moyen Age pour nourrir le peuple.

Leur reconstruction nécessitait entre 10 000 et 20 000 heures de travail, mais une fois les pierres ajustées, sans chaux ni ciment, elles s'avéraient d'une efficacité redoutable pour capturer les mulets, merlans, seiches et autres daurades. En se vidant après la marée haute, l'écluse gardait les poissons prisonniers. Il ne restait alors plus au pêcheur qu'à les assommer à l'aide d'un sabre en fer plat non tranchant, puis à les jeter dans un panier en osier appelé " gourbeille ".

Aujourd'hui, les écluses sont tombées en désuétude et les pêches miraculeuses n'existent plus. Il en reste à peine deux douzaines, alors qu'elles étaient plusieurs centaines au XIXe siècle. Des associations continuent de les valoriser en organisant régulièrement des visites de ce patrimoine intéressant, que l'on retrouve à l'identique dans le sud de l'Andalousie.

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Date de dernière mise à jour : 08/09/2017