Tarn patrimoine et histoire (81)

Patrimoine, monuments et sites touristiques du Tarn

Quoi faire dans le Tarn ? Séjour touristique en France dans ses pages énumères les lieux avec des classifications touristiques officielles aux alentours et d'autres lieux d'intérêt à visiter dans le Tarn dans le Midi-Pyrénées qui devraient servir d'inspiration si vous êtes en vacances. Notre guide du patrimoines et de l'histoire du Tarn  à pour but de vous faire découvrir les monuments, le patrimoine et l'histoire du Tarn.

Le patrimoine tarnais est riche en termes d'architecture, de peinture et de produits artisanaux. L'architecture tarnaise se caractérise par les vestiges des époques passées mais aussi par le travail de construction des anciens ; les lavoirs et les pigeonniers en sont de parfaits exemples. On en retrouve dans de nombreuses communes, ils ont pour la plupart été conservés et parfois même rénovés.

L'artisanat est aussi reconnu dans le Tarn ; le travail du cuir à Graulhet ou la fabrication des sabots à Lautrec sont un héritage de ce savoir-faire ancestral. Les travaux du peintre Toulouse-Lautrec forment une riche collection de peintures et de lithographies qui constituent une partie importante du patrimoine artistique local.

Outre ces caractéristiques matérielles et artistiques, la tradition tarnaise se traduit en langue d'Oc, langue presque morte aujourd'hui. Nombreux sont pourtant ceux qui préservent ce dialecte que l'on parle encore dans les campagnes.

Dolmens et statues-menhirs.

Le Tarn compte une centaine de dolmens et une trentaine de statues-menhirs. Au Chalcolithique, de nombreuses pierres furent érigées et parfois sculptées. Si les yeux et le nez sont nettement visibles, la bouche n'est jamais représentée. Le dolmen était une chambre sépulcrale faite de grosses pierres recouvertes de dalles horizontales, bâtie sur un tumulus et destinée à recevoir plusieurs inhumations.

Le menhir, quant à lui, est une grande pierre plantée verticalement. 3500 ans plus tard, difficile d'interpréter clairement la motivation des hommes de ce temps-là et la signification symbolique ou rituelle de ces témoins de pierre. Les statues conservent leur mystère et exercent une étrange fascination sur tous ceux qui s'en approchent. Le menhir le plus important du département est le Peyrelevade de Sainte-Carissime.

Les dolmens les plus remarquables sont La Peyra Levada à 2 km de Verdier, celui de Saint-Paul : un hameau à Sainte-Cécile-du-Cayrou et Peyrolebado à 3 km de la sortie de Vaour, sur la route de Saint-Antonin.

Lavoirs.

De nombreuses communes ont fait l'effort de restaurer ces constructions un peu oubliées : Damiatte, Cambounet-sur-Sor, Ferrières, Lacabarède, Sainte-Cécile-d'Avès, Aussillon, Hautpoul, Lautrec, Les Cammazes, et tous les hameaux de la commune d'Aiguefonde : La Roubinaré, La Seignairié, Lacalm, Calmon, Le Cabanat, etc...

Ils sont les témoins d'un temps où la cendre faisait office de savon. Baptisé " le parlement des femmes ", le lavoir mettait tout le monde sur le même pied d'égalité car il donnait un accès gratuit à l'eau. Après la Seconde Guerre mondiale, les premières machines à laver font leur apparition, mettant fin à l'utilisation des lavoirs.

Pigeonniers.

Ils attirent tout naturellement le regard des promeneurs et l'oeil des peintres et photographes. Environ 2000 d'entre eux ont été répertoriés dans le département du Tarn, de différentes formes et construits en divers matériaux : on distingue le type gaillacois : une tour carrée avec un toit à deux angles de pente, le type toulousain : deux toits successifs décalés, le pigeonnier à arcades souvent en briques, on le trouve surtout dans les vallées du Tarn et du Dadou et le pigeonnier castrais en grès, avec une toiture d'ardoise et un clocheton qui ressemble à une flèche.

La plupart ont été construits à l'ouest de la ligne Carmaux-Réalmont-Castres. Leurs dimensions devaient être proportionnées à la taille des propriétés sur lesquelles ils étaient construits.

Du Moyen Age jusqu'au XIXe siècle, la fiente de pigeon, appelée colombine, servait d'engrais pour les terres cultivées. Objet de toutes les convoitises, ils font alors partie intégrante des dots des grandes familles de l'Occitanie ; on évaluait la richesse des familles au nombre d'anfractuosités de chaque pigeonnier, correspondant normalement à l'importance des nids.

Des petits malins multiplièrent alors le nombre de ces niches pour paraître plus riches, afin de pouvoir " roucouler " avec leur promise... De là vient le terme " pigeonner " dont le sens est bien connu de nos jours ! Les pigeonniers sont une source d'inspiration pour de nombreux artistes, et l'objet de circuits de découverte touristique.

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Histoire du Tarn

Le département actuel du Tarn résulte d'une longue histoire qui a précédé sa création en 1790. Commencée il y a 500 000 ans avec les plus anciennes traces humaines, elle se poursuit avec la tribu gauloise des Rutènes. Leur territoire est tour à tour intégré dans l'Empire Romain, le royaume Wisigoth de Toulouse et le royaume Franc.

Devenue vassale du comté de Toulouse, le territoire du Tarn, nommé Albigeois en référence à Albi sa capitale, est ravagé par les combats de la croisade des Albigeois. Il est intégré au domaine royal en 1270 et appartiendra désormais à la province du Languedoc. A la Révolution, il prend le nom du Tarn, la principale rivière qui le traverse.

Les premières traces d'occupation humaine remontent à plus de 500 000 ans, au bord des rivières de l'Agout et du Tarn. Le département fut marqué bien plus tard par le Moyen Age et les croisades. L'essor du pastel et de l'agriculture tarnaise permit aux vignerons de Gaillac de prospérer. Le développement des mines de charbons vers Mazamet consacra le début de l'industrialisation.

De nos jours, le Tarn prospère essentiellement grâce au tourisme, ainsi qu'à certains grands acteurs économiques.

Préhistoire

Il y a 500 000 ans, au confluent des rivières de l'Agout et du Tarn, l'aventure humaine commençait dans la région, entre les stigmates rocheux d'un passé géologique mouvementé, les landes dressées aux rondeurs granitiques et les forêts à perte de vue. Là où la légende voudrait qu'Héraclès, après le meurtre du colosse Géryon, ait ouvert la route entre Garonne et Rhône, les premiers chasseurs néandertaliens s'installèrent.

Les grottes, de part et d'autre du territoire, devinrent abris puis, avec les aléas de l'Histoire, de véritables caches. Menhirs, dolmens et statues furent érigés au fil du Néolithique dans les luxuriantes futaies de Grésigne, comme au coeur des monts de Lacaune.

Antiquité

Vers 800 avant Jésus-Christ, toute la région s'émaille d'oppidums, ces sites hauts perchés qui, aujourd'hui encore, siègent entre ciel et terre. Tout près de Castres, au sud du département, la nécropole de Gourjade, avec ses 400 tombes, demeure un puissant témoignage de ces temps conflictuels.

D'une rive à l'autre de l'Agout, les Volques et les Rutènes se haïrent. Le père de Néron, Cnéius Domitius Ahénobarbus, trouva une solution simple à ces différends qui nuisaient à la pax romana : il les débouta tous et établit sur le site un castrum romain (d'où le nom Castres) marquant la limite septentrionale de la province de Narbo Martius.

Moyen-âge

Les invasions. Au Ve siècle, les Wisigoths s'installent autour de Toulouse, marquant les noms de lieux de terminaisons caractéristiques en -ingus, puis en -ens. Ainsi, dans le Tarn, on trouve Rabastens, Mézens, Giroussens, Brens, et bien d'autres encore... Les Alains, originaires du Caucase, ou encore les Suèves de Germanie occupent brièvement ces régions. Des hordes de Sarrasins traversent aussi le territoire en direction de l'ouest.

Les Normands, sous la botte de Pépin Ier, lancés contre Charles le Chauve, mettent le pays à feu et à sang avant de s'éloigner sur la rivière du Tarn. Mais ceux qui marquèrent d'une manière indélébile la région venaient de l'Est. Parents des Bogomiles : une secte manichéenne d'origine bulgare qui professe que le monde matériel a été créé par le diable, et qui rejette les sacrements et l'autorité de l'Eglise, ils venaient prêcher le catharisme.

Le catharisme aux origines controversées, partie du Danube, se propagea ensuite dans les régions prospères où le clergé, les seigneurs locaux et les marchands se disputaient les richesses, c'est-à-dire principalement en Italie du Nord et dans le sud de la France. Autre point commun avec le nord de l'Italie : la volonté farouche des habitants de tenir tête aux papes, aux rois et aux empereurs. Le catharisme fut donc le vecteur des tensions locales.

Pour les Cathares, Satan, principe du mal, était le monde physique, d'où cette condamnation de la chair, de la vie terrestre, qui conduisit quelques mères à faire périr leurs enfants. Le Jéhovah de l'Ancien Testament n'est autre que le Malin lui-même, et de plus tous les pères de l'Ancien Testament sont damnés jusqu'à saint Jean-Baptiste.

Seul le Christ, qui n'a pris que les apparences de la chair, de la vie et de la mort, pour régénérer les esprits des hommes, est vénéré. Les hérétiques racontaient que le Saint-Esprit et Satan se partageaient l'être humain et qu'il fallait respecter les règles de leur sévère religion, ou accepter de mourir pour que l'âme trouve enfin le chemin de la perfection.

Beaucoup moins gourmands et envahissants que le haut clergé ultramontain, on les tolérait, car ils étaient pauvres, et de plus contestaient les papistes à la vie dissolue. Ceux qui avaient échappé au Mal étaient appelés les " parfaits ". Les comtes de Toulouse, accueillant les réfugiés d'Italie, furent moins séduits par l'idéologie que par la dimension politique du mouvement, fiers de posséder une religion propre à l'Occitanie.

Durant le XIIIe siècle, croisades meurtrières et règlements de comptes, procès de l'Inquisition, territoires et châteaux pris en butin par les " Français " comme certains les appellent encore ici, se succèdent. Les chevaliers du nord de la Loire à qui l'on avait promis ces riches terres n'avaient le plus souvent cure des aspects spirituels du conflit.

Le chef incontesté de cette expédition, Simon de Montfort, trouva là l'occasion de se bâtir un fief à la mesure de ses ambitions. Le Tarn fut ainsi saccagé, violé, violenté ; les campagnes souffrirent autant que les villes, le feu prit partout, jusqu'au bûcher de Lavaur, le plus ravageur de toute la croisade des Albigeois.

Quatre cents hérétiques y périrent, cependant que dame Guiraude, qui gouvernait la place avec force et courage, finit au fond d'un puits aussitôt comblé de pierres. Pillages et destructions se poursuivirent ainsi jusqu'en 1217. Simon de Montfort décida alors d'assiéger Toulouse qui avait eu l'audace de se révolter. Il mourut la tête fracassée par une pierre lancée par des femmes ; ce fut la fin du siège, la fin de la croisade et la fin des Montfort.

Le temps des bastides.

Le XIIIe siècle voit aussi une quarantaine de bastides et de villes neuves fleurir : Cordes en 1222, puis Lisle-sur-Tarn, Réalmont et Pampelonne. Pendant ce temps, à Albi, l'évêque-inquisiteur, Bernard de Castanet, lance le chantier de la cathédrale, forteresse de brique qui signe la victoire de l'Eglise sur l'hérésie. Les travaux dureront de 1282 à 1480.

Le gris marquera le XIVe siècle.

Le gris des armures qui pour quelques biens s'entrechoquèrent à nouveau, celui plus sombre encore de la misère qui n'épargna personne ; et celui, enfin, des intrigues et des obscures machinations. Les promesses sont trahies, la monnaie subit de graves dévaluations, et le siècle essuie une vague inquiétante de tumultes.

De 1302 à 1347, les famines se succèdent à un rythme tragique et, comme par acharnement, la peste noire s'abat en 1348 sur ceux qui étaient restés miraculeusement en vie : le futur département du Tarn y perd plus de la moitié de sa population.

De la Renaissance à la Révolution

Les guerres de religion.

A cette époque, on assiste un peu partout à la renaissance des arts et des lettres, et c'est l'une des raisons pour laquelle les dogmes religieux sont alors remis en question, dans une région toujours hostile au centralisme politique de Paris comme au centralisme spirituel de Rome. Les guerres de religion ne font en réalité que reprendre certains aspects de la croisade des Albigeois.

Les grandes familles, les fiefs et les intérêts politico-économiques se saisissent de prétextes religieux pour s'affronter une nouvelle fois. Le Tarn devra se scinder en deux : l'Albigeois catholique contre le Castrais protestant. Aux quatre coins du département, les cruautés se multiplient. Gaillac est en sang : 80 protestants y sont massacrés lors de la Saint-Barthélemy.

Le seigneur de Ferrières, Guillaume Guilhot, dévaste les rives de l'Agout avant de raser Castres, et Bacou de Brassac pille l'Albigeois tout entier. Ces deux calvinistes tristement célèbres incarnent mieux que personne la violence de ces temps troublés.

Avec Philippe de Rabastens, baron de Paulin, et son frère, le vicomte, c'est toute la vallée du Tarn et le tracé reliant Cordes à Réalmont qui brûlent, château après château, église après église... Collines, vallons, plaines et villages ne sont bientôt plus que ruines, des pans d'histoire complètement anéantis par la barbarie.

Finalement, Albi reste catholique tandis que Castres et le sud du département rallient la Réforme. A la révocation de l'Edit de Nantes en 1685, nombreux sont ceux qui fuient : le Castrais Jan de Ligonier devient maréchal d'Angleterre, et sera d'ailleurs inhumé à Westminster.

A la fin du XVIIe siècle, il faut songer à tout reconstruire. En 1752, sous la direction du chevalier de Solages, on commence à exploiter le charbon de Carmaux, puis la construction du réseau routier débute : de Castres à Saint-Pons et à Toulouse, de Toulouse à Rodez par Albi... Le temps s'écoule, et peu à peu les plaies se referment.

Et, sur les vestiges encore fumants de ce vaste champ de bataille, on rebâtit un pays. De nouveau, il faut songer à l'avenir, se promettre d'oublier les différences et les querelles. Mais la fin des troubles signe les débuts d'une rivalité nouvelle entre Albi et Castres.

De la Révolution au XXIe siècle

Le département, créé en 1790, affiche rapidement ses disparités politiques : le Nord, plus ouvrier avec ses mines de charbon et son industrie, est sensible aux idées socialistes, tandis que le Sud, plus agricole, est plus conservateur. Dans le secteur industriel, le Carmausin et l'Albigeois développent respectivement le charbon et la sidérurgie, et les régions de Castres et de Mazamet s'orientent vers le textile et le délainage.

Puis c'est le temps des luttes sociales et de Jean Jaurès, ce Tarnais à qui l'on doit une loi sur les accidents du travail et les premières retraites pour les paysans...

Durant la Première Guerre mondiale, le département n'est pas épargné ; on compte plus de 10 000 morts.

Quant aux années 1939-1945, ce sont des années de résistance active. Dès le 16 août 1944, la Résistance prend Carmaux. A Castres, un petit groupe d'environ 200 résistants, armés de simples mitraillettes, réussit à capturer 4200 soldats allemands !

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