Limousin patrimoine et histoire

Patrimoine, monuments et sites touristiques du Limousin

Quoi faire dans le Limousin ? Séjour touristique en France dans ses pages énumères les lieux avec des classifications touristiques officielles aux alentours et d'autres lieux d'intérêt à visiter dans le Limousin qui devraient servir d'inspiration si vous êtes en vacances. Notre guide du patrimoines et de l'histoire du Limousin à pour but de vous faire découvrir les monuments, le patrimoine et l'histoire du Limousin.

Les bonnes fontaines.

Les pratiques cultuelles liées à l'eau sont une des particularités du Limousin. La nature des sols étant propice au jaillissement des sources, celles-ci ont été l'objet de cultes et dotées de vertus curatives. On dénombre plusieurs centaines de ces bonnes fontaines (las bonas en occitan) dans la région. Les pratiques et coutumes populaires attachées à ces sources remontent aux croyances gauloises, ayant été christianisées par la suite en raison de la persistance de la dévotion.

Selon la légende, chaque bonne fontaine à ses propres pouvoirs : ceux de guérir des maux du corps et de l'âme (estomac, rhumatismes, convulsions nerveuses, coliques, goutte...), de faire des miracles (mettre fin à la paralysie), de déclencher des phénomènes métérologiques (faire venir ou cesser la pluie) de protéger le bétail...ou encore plus spécifiquement de faire disparaître les maux de dents ou de s'occuper des choses de l'amour (mariage et fertilité). Selon la tradition, chaque d'entre elles a ses rites.

Dédiée à saint particulier, la fontaine est couverte ou entourée d'objets qui ne sont pas des offrandes mais destinés à renforcer l'action de la fontaine en créant un lien entre la personne et la source : pièce de monnaie jetée dans la source ou glissée dans une fente de la pierre, fleurs, cierges déposés, rubans ou tissus noués. Bien que l'on dise ces croyances révolues, ces bonnes fontaines restent bien ornées et sont l'objet de visites de la part des touristes, des curieux mais aussi des locaux.

Parmi ces bonnes fontaines, celles de Cussac sont parmi les plus connues de la région. Parfois abandonnées, livrées à la végétation et à l'usure du temps, ou découvertes par hasard au détour d'un champ ou de la forêt, certaines d'entre elles font aujourd'hui l'objet de restaurations de la part d'associations locales.

Architecture militaire du Limousin

Les châteaux du Limousin portent la marque des nombreuses transformations qui se sont succédé depuis le Moyen Âge.

Château de Boussac  –  Creuse (23)

Le château de Boussac est célèbre pour avoir hébergé George Sand. Le château présente une riche collection de meubles anciens et accueille des expositions temporaires.

Plus d’infos : www.boussac.fr

Château de Montbrun – Haute Vienne (87)

Ce château de Montbrun reconstruit au XVe siècle a conservé le majestueux donjon carré du XIIe siècle, unique témoin de la forteresse qui se dressait ici.

A découvrir : le donjon, les écuries, les salles d’exposition.

Plus d’infos : www.tourisme-hautevienne.com

Château de Bonneval – Haute Vienne (87)

Ce magnifique château de Bonneval du XIVe siècle présente une façade rectangulaire dont les 4 coins sont renforcés par d’imposantes tours rondes.

A découvrir : la galerie des pages, les chambres du Pacha  et du roi Henri IV.

Plus d’infos : www.chateaudebonneval.fr

Château de Rochechouart – Haute-Vienne (87)

Le château de Rochechouart présente une grande diversité architecturale qui, pourtant, ne nuit aucunement à l’harmonie de l’ensemble. Restauré à plusieurs reprises à partir du XIXe siècle, il abrite aujourd’hui le Musée départemental d’Art contemporain.

A découvrir : la cour centrale, le musée et les expositions temporaires.

Plus d’infos : www.musee-rochechouart.com

Château de Villemonteix – Creuse (23)

Le château de Villemonteix abrite une collection de tapisseries anciennes, des meubles d’époque ainsi que quelques pièces rares, telles que l'étonnant piano double.

A découvrir : la collection de tapisseries, les aménagements extérieurs, le mobilier.

Plus d’infos : www.tourisme-creuse.com

Architecture religieuse du Limousin

Architecture religieuse

Terre de passage, le Limousin est sillonné depuis la nuit des temps par les voyageurs, les marchands ou les pèlerins. Papes et rois s'y arrêtent, et les premiers troubadours y déclament. L'architecture est influencée par les lieux géologiques, si différents.

Depuis les abris-sous-roche, où s'abritaient les hommes préhistoriques en allant vers les habitations gauloises, les monuments romains jusqu'à des constructions plus contemporaines, les pierres qui parsèment l'ensemble de la région sont les témoins de constructions laissant des témoignages sur l'évolution d'un mode d'habitat, toutes conditions sociales confondues.

En altitude, les masses des églises trapues, les toitures de lauzes, la sculpture austère taillée dans un granit dur s'harmonisent avec un environnement couvert de forêts.

Dans le bas Limousin, qui bénéficie d'un climat plus tempéré, l'architecture est moins rude, moins fruste. Les échauguettes et les tourelles en poivrières des gentilhommières se marient avec bonheur au coeur d'une végétation harmonieuse.

L'évangélisation, dès les premiers siècles de notre ère, est effectuée par un nombre très important d'ermites, de saints et d'anachorètes qui bien souvent ont laissé leur nom là où ils ont vécu. Dans ces contrées, des bâtiments religieux sont construits et s'entourent petit à petit de villes. Saint-Yrieix fonde le monastère de Vigeois, Saint-Rodolphe de Turenne l'abbaye de Beaulieu, Meymac se bâtit sur l'ermitage de Saint-Mammacus.

Malheureusement, il ne reste rien de ces premières architectures. Des abbayes sont construites pourtant au cours des siècles suivants sur les ruines romaines. Le seul vestige de l'époque mérovingienne est le chapiteau de marbre qui ornait la basilique Saint-Martin de Brive. Seule la crypte d'Uzerche témoigne de la construction archaïque, avec son déambulatoire qui tourne autour du pilier central.

L'époque romane.

La grande époque de l'architecture limousine est l'époque romane. Le pape Urbain II vient en Limousin en 1095, prêcher la première croisade. Dès la fin du XIe siècle, les constructeurs s'inspirent du pays et non des régions limitrophes. Ils utilisent alors la pierre du pays : le granit. Des villes murées naissent. Les abbayes bénédictines sont très grandes, pour accueillir les très nombreux moines à loger.

On peut notamment citer l'abbatiale de Chambon-sur-Voueize, en Creuse, qui est l'un des plus vastes édifices de l'art roman avec ses 87 mètres de longueur. Les églises mineures ont différentes caractéristiques. Les chevets peuvent être implantés sur trois absides parallèles souvent communiquant entre elles par d'étroits passages  ; le chevet peut ne comprendre qu'une seule abside, les absides peuvent être tracées sur plan polygonal.

A la limite du massif gréseux de Brive, les églises peuvent être colorées. L'insécurité de l'époque est à l'origine de constructions fortifiées (avec fossés, tours...) et offrent des édifices de premier plan à l'image de l'église de Glénic.

L'ornement limousin est très sobre  : les moulurations cylindriques épousent le tracé des voussures des porches et des fenêtres, pour retomber sur des colonnettes dont les chapiteaux sont sans tailloir. La sculpture présente des monstres, des animaux fantastiques, des entrelacs végétaux et des scènes sacrées. L'art hispanique trouve quelques expressions dans ce pays placé sur les routes de pèlerinage. Il est à souligner que les clochers-murs sont une spécificité de la région.

Les nombreux trésors des églises sont riches en pièces d'orfèvrerie. Les pièces d'émaux sont incontestablement dues à l'oeuvre des ateliers de Limoges. On note aussi les fresques magnifiques dans l'église de Sous-Parsat.

D'autres bâtisses ont un style totalement différent à l'image de la gare des Bénédictins à Limoges. Celle-ci témoigne de la présence du mouvement Art déco et symbolise l'influence des savoir-faire traditionnels de la région tels que la porcelaine ou l'émail. L'art contemporain trouve sa place en Limousin avec un centre sur l'île de Vassivière ainsi qu'à Meymac mais aussi des créations exposées comme cette nouveauté : le Nuage Rouge à La Souterraine en Creuse.

Le Limousin et la Creuse particulièrement, sont très reconnus pour leur technique de taille de pierre et le savoir-faire de leurs maçons, créant même une technique portant le nom de limousinage. Les maçons ont été très actifs à Paris jusqu'au XXe siècle oeuvrant grandement à l'édification de monuments historiques français mondialement célèbres comme le Panthéon.

Martin Nadaud, député et ouvrier creusois a ainsi lancé cette fameuse phrase : " A Paris, quand le bâtiment va, tout va ". Les sculpteurs et autres tailleurs de pierre creusois ont participé à façonner le paysage de certains villages comme celui de Masgot avec ses 35 sculptures représentant animaux ou personnages célèbres et attirant chaque année de nombreux visiteurs.

Des édifices métalliques de choix arborent enfin la campagne limousine avec quelques viaducs dont ceux de la Tardes ou de Busseau-sur-Creuse. Ils attirent chaque année de nombreux visiteurs.

Les croix.

Le Limousin est un pays de croix, témoignage ancestral d'une forte dévotion chrétienne sur cette terre de tradition laïque depuis le XIXeme siècle. Croix de procession, croix de carrefour, croix de village, croix de mission, croix de chemin, croix de fontaines... elles sont généralement en granit, taillées et sculptées ; quelques unes ont été volées ou cassés.

Aujourd'hui, des associations les entretiennent bénévolement pour conserver ce qu'elles considèrent comme un petit patrimoine local. On les croise parfois par hasard sur le chemin d'un sentier de randonnées ou au détour des ruelles d'un village. Parmi elles, citons la croix "fleurdelisée" du bourg de Chaumeil, située en bordure de la petite rue qui descend à la Maison de Pays des Monédières.

Ouvrages d’art du Limousin

 

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Informations touristiques du Limousin

 
 

Histoire du Limousin

Préhistoire

Paléolithique

Homo erectus. Le paléolithique archaïque, c'est-à-dire 600 000 ans avant J.-C., est attesté par quelques gisements à galets aménagés, en quartz à Crozant en Creuse et de rares pièces isolées à Chalucet en Haute-Vienne. Plus tard, de 100 000 ans à 35 000 ans avant J.-C., le paléolithique ancien (création du biface) est un peu plus présent, notamment dans le bassin de Brive.

Mais ces temps reculés ne livrent que quelques rares certitudes sur l'occupation de la terre limousine. L'abondance des forêts, la rareté des grottes et l'acidité des sols qui exclut la conservation des ossements sont autant d'obstacles à la localisation formelle des peuplades.

L'homme de Néandertal. Il faut attendre le paléolithique moyen, (entre 70 000 et 35 000 ans avant J.-C.), pour voir débarquer le premier homme de Neandertal, dit le Moustérien, drôle de nom issu de la grotte du Moustier dans la vallée de la Vézère en Corrèze.

La découverte de l'homme de la Chapelle-aux-Saints en 1908 est le point d'orgue de la préhistoire limousine. Cet homme trouvé dans une sépulture démontre que, déjà à cette époque, l'être humain respectait ses morts, ce qui bouleversa les idées reçues sur l'homme de Neandertal.

Paléolithique supérieur. Au cours de la dernière période froide (de 35 000 à 10 000 avant J.-C.), et surtout au Mésolithique (de 10 000 à 6 000 avant J.-C.), où le climat devient tempéré, les hommes occupent de plus en plus les hautes terres.

Néolithique

C'est à cette époque (de 6 000 à 2 000 avant J.-C.) que commence sérieusement le peuplement de la région. L'homme du néolithique fabrique des objets en céramique. Il se sédentarise, avec l'agriculture, l'élevage et il réalise les premières constructions (mégalithes, tumuli).

Erigés pendant le néolithique, les dolmens sont des lieux de sépulture collectifs. Ils étaient recouverts d'un tumulus, monticule de terre que l'érosion a très souvent fait disparaître. Le tumulus du dolmen de Puychaud à Blond est parmi les mieux conservés. Le dolmen limousin est en général de type méridional simple, mais quelques dolmens à couloir (type atlantique) sont présents dans les monts de Blond comme notamment celui de La Betoulle à Breuilhaufa.

Leur fouille a permis de mettre à jour quelques poignards, pointes de flèches en silex, des céramiques et des perles. Au siècle dernier on recensait 125 dolmens en Limousin. Aujourd'hui, seuls 55 d'entre eux peuvent encore être visités. Les autres ont succombé aux travaux agricoles, de carriers, aux actes de malveillance, et certains ont même été déplacés.

Le service régional de l'archéologie procède à des campagnes de fouilles, de protection et restauration afin de présenter ces monuments au public.

L'âge du bronze (2 000 à 600 av. J.-C.)

C'est à cette période que l'homme utilise pour la première fois les métaux. L'invention du bronze permet la fabrication d'outils et d'armes. C'est en Creuse que l'on a retrouvé le nombre le plus important d'objets et d'outils de cette période. Ce n'est pas seulement lié à une recherche plus soutenue mais véritablement à une implantation plus dense d'hommes à l'âge de bronze très spécifique dans cette zone.

L'époque celtique

600 ans av. J.-C., la région était habitée par les Lémovices. On note la présence de quelques sites fortifiés comme celui de Villejoubert, le plus important  : il aurait été la première capitale des Lémovices. A la même époque, le site de Limoges est vierge de toute proto-urbanisation  ; on n'en trouve aucune trace et des fouilles récentes le confirment.

La route des métaux Armorique - Méditerranée passe en Limousin, déjà connu pour ses métaux précieux : de l'or à Saint-Yrieix et l'étain. César conquit le territoire des Lémovices en 52 av. J.-C. Dans La Guerre des Gaules, l'homme explique comment les Lémovices ont joué un grand rôle dans la résistance. En vain.

Débute alors la romanisation de la région bien que la conquête gallo-romaine à ses débuts ne bouleverse pas fondamentalement les habitudes des Lémovices. Seules les villes sont déplacées pour faciliter les échanges et le contrôle sur la population. C'est ainsi que vers 10 av. J.-C., l'empereur Auguste crée Augustoritum, qui deviendra Limoges, afin de faciliter la traversée de la Vienne.

Un réseau routier de long parcours se dessine, et des ponts sont construits sur la Vienne. Augustoritum possède des thermes antiques, un amphithéâtre et un forum. La prospérité dure jusque vers 250. En 270, les Alamans détruisent Tintignac près de Tulle.

Antiquité

L'évangélisation du Limousin.

La christianisation débute vraisemblablement au IIIe siècle avec l'arrivée de saint Martial, qui aurait été envoyé par l'évêque de Rome. Elle s'accentue au IVe siècle. L'église fait alors du territoire de l'ancienne cité romaine des Lémovices un diocèse et de son chef-lieu Augustoritum le siège de son évêque. La cité de Brive aurait été évangélisée par saint Martin, lapidé à mort par les habitants encore païens.

La région demeurera longtemps païenne et résistera au christianisme avant que ce dernier ne s'installe complètement à la fin du Ve siècle.

Moyen-âge

L'époque mérovingienne

En 406, les Wisigoths fondent le royaume d'Aquitaine, dont le Limousin fait partie. En 507, à Vouillé, les Francs dominent les Wisigoths et passent sous la coupe des rois francs bien qu'ils gardent une certaine indépendance. Le Limousin devient donc franc, et l'évangélisation progresse dans les campagnes. Au VIe siècle, l'Aquitaine et le Limousin se révoltent à plusieurs reprises contre une administration épiscopale franque assez dure.

L'époque mérovingienne est marquée par l'essor de l'érémitisme. De nombreux ermites, venus du nord de la Gaule et des îles britanniques s'installent en Limousin pour prier et vivre seul. Au niveau politique, de la mort de Clovis en 511 jusqu'à l'avènement de Dagobert en 629, les Mérovingiens se disputent le pouvoir. Gondovald, fils de Clotaire et petit-fils de Clovis, devient roi de Brive avec l'aide de l'Aquitaine. Il sera assassiné en 584.

En 630, saint Eloi et Dagobert fondent l'abbaye de Solignac. En 639, après la mort de Dagobert, intrigues et assassinats continuent chez les Mérovingiens, qui délèguent leur pouvoir. C'est l'époque des rois fainéants. Battus par Charles Martel à Poitiers en 732, les Sarrasins envahissent à nouveau l'Aquitaine trente ans plus tard et font le siège d'Uzerche pendant sept ans, selon la légende.

Les défenseurs, à bout de ressources après sept ans de siège, trompent leurs assiégeants par un stratagème  : ils lâchent dans le camp sarrasin, par un souterrain, leurs deux derniers taureaux nourris de leurs dernières rations de grain. Désespérant de prendre une ville encore si bien pourvue en vivres, les Sarrasins lèvent le siège.

L'époque carolingienne

Hunald et Waïfre, ducs d'Aquitaine, dont le Limousin fait partie, luttent contre Charles Martel et Pépin le Bref, qui veulent s'en emparer. Cette longue guerre, terminée seulement sous Charlemagne, enregistre à son passif la destruction de Limoges à deux reprises. Charlemagne, empereur, organisa son empire en royaumes et les royaumes en comtés. Il donna à son fils Louis le Débonnaire le royaume d'Aquitaine.

Celui-ci, à son avènement au trône, en 814, abandonne l'Aquitaine à son fils Pépin Ier, qui meurt à Poitiers en 838. Pépin II, fils de Pépin Ier, est proclamé roi d'Aquitaine par les seigneurs du pays, qui aspirent à une nationalité indépendante. Charles le Chauve, par le traité de Saint-Benoît-sur-Loire, en 845, lui cède l'Aquitaine, à condition qu'il reconnaisse sa suzeraineté. L'abbaye Saint-Martial est fondée en 848.

Pépin se révolte en 850 mais est défait par Charles, qui, en 853, le fait enfermer à Senlis et sanctionne la région. Les Normands, profitant de ces troubles, envahissent le pays, qu'ils pillent et incendient. Les derniers Carolingiens, ébranlés par les dévastatrices invasions normandes, ne parviennent plus à maintenir l'unité du royaume.

Pour se protéger, les comtes, barons ainsi que les évêques et abbés commencent à élever des remparts, à construire des forteresses. Partout se créent des domaines féodaux. En 927, le Limousin est sous la coupe des comtes de Poitiers, qui délèguent Limoges à un vicomte. Puis, devenus ducs d'Aquitaine, ils créent les vicomtés d'Aubusson, Comborn, Turenne et, vers l'an mille, contrôlent aussi le comté de la Marche.

Le Xe siècle

En 994, victimes du "  mal des ardents  " (intoxication mortelle due à l'ergot de seigle contenu dans le pain), les Limousins se réunissent sur le mont Jovis, où reposent les reliques de saint Martial. Ce sont les premières ostensions  ; les gens prient et jeûnent, ils sont sauvés  : c'est le "  miracle des ardents  !   ".

Les territoires féodaux continuent de s'organiser. La vicomté de Rochechouart est issue de celle de Limoges, et la vicomté de Vantadour provient de Comborn. Les seigneuries ecclésiastiques éveillent la convoitise des seigneurs laïcs. Seul l'évêque de Limoges parvient à conserver intact son patrimoine. L'important parcellement du territoire, dû à la division nombreuse des terres, entraîne la construction de nombreux chateaux, tours et autres abbayes aux IXe et Xe siècles.

Au XIe siècle, l'abbaye de Cluny réussit à annexer les abbayes de Saint-Martial en 1062 et de Beaulieu, mais Tulle ne se laissera pas faire. Les effets de la réforme grégorienne commencent à se faire sentir. Outre les chanoines réguliers (Bénévent, Le Chalard...) apparaissent des communautés de moines - Dalon, Obazine -, qui plus tard feront partie de l'ordre cistercien. Les frères ermites ne sont pas en reste, comme en témoignent l'ordre de Grandmont et le prieuré de l'Artige.

Richard Coeur de Lion

En 1137, Aliénor d'Aquitaine épouse Louis VII dit le Jeune. Elle apporte en dot tout le sud de la "  France  ", de l'Atlantique au Rhône, de la Loire aux Pyrénées, donc le Limousin et la Marche. Mais la belle Aliénor, princesse cultivée, poétesse égérie des troubadours (Bernard de Ventadour) est répudiée par son époux en 1152 (sous prétexte de consanguinité). Qu'à cela ne tienne, elle épouse la même année Henri Plantagenêt, futur Henri II, roi d'Angleterre.

Elle en aura deux fils, Richard Coeur de Lion (qui sera couronné duc d'Aquitaine en 1169 en l'abbaye Saint-Martial à Limoges), et Jean sans Terre. Richard parti pour la troisième croisade, les seigneurs limousins en profitent pour s'allier avec Philippe Auguste. Venu sans doute quérir quelques explications, Richard Coeur de Lion assiège le château de Châlus où il est mortellement blessé en 1199.

De l'oeuvre de Limoges aux papes limousins

Au début du XIIIe siècle, tandis que Philippe Auguste reprend la Normandie et la vallée de la Loire aux Plantagenêts, les ordres militaires, Templiers et Hospitaliers, accroissent leurs possessions. Les ordres religieux "  mendiants  " (Franciscains et Dominicains) cohabitent timidement : Limoges, Brive, Saint-Junien, Donzenac avec un clergé très présent. En 1226, le futur Antoine de Padoue crée un couvent à Brive.

L'oeuvre de Limoges : oeuvres en émail des ateliers limousins Saint-Martial, Grandmont est diffusée dans toute l'Europe via les chemins de pèlerinage de Compostelle.

1259  : traité de Paris. Henri III, roi d'Angleterre, en tant que duc d'Aquitaine, devient vassal de Louis IX, dit Saint Louis. En contrepartie, plusieurs territoires méridionaux dont une partie du Limousin sont donnés aux Anglais. Saint Louis se réserve une entière souveraineté sur Brive, Turenne et Ventadour. Son fils, Philippe III le Hardi, récupérera la totalité du Limousin en 1271.

Les villes affirment leur indépendance, et la construction de la cathédrale Saint-Etienne débute en 1273. L'évêché de Tulle est créé en 1317. En 1305, le pape français Clément V s'installe en Avignon. Des papes limousins lui succéderont  : Pierre Roger, originaire des Rosiers, devient Clément VI en 1342, Etienne Aubert, qui vient de Beyssac, devient Innocent VI en 1352 et Pierre Roger de Beaufort, des Rosiers lui aussi, sera Grégoire XI en 1370.

La guerre de Cent Ans

Elle pointe à l'horizon en 1337. La guerre de Cent Ans entraîne le Limousin dans une grave crise sanitaire, économique. Tulle passe aux Anglais en 1346 avant d'être décimée par la peste. Les campagnes sont dévastées et pillées par des mercenaires comme Geoffroy Tête Noire et Aymerigot le Marchois. 1360  : traité de Brétigny.

Le Limousin fait partie des territoires cédés à Edouard III, roi d'Angleterre. La peste noire impose une "  trêve  " provisoire, mais le prince de Galles, fils du roi d'Angleterre, surnommé le prince Noir, multiplie les raids en Guyenne et Limousin. En 1370, il détruit Limoges. Un an plus tard, Du Guesclin s'empare d'Ussel (1371) et Jean de Bourbon, de La Souterraine (1371). En revanche, en 1373, Tulle et Brive passent à l'anglais Jean de Gand, duc de Lancastre.

De la Renaissance à la Révolution

Le XVe siècle

Au XVe siècle, les tapissiers s'installent à Aubusson et Felletin. La population se réfugie dans le culte des saints, les églises s'agrandissent (gothiques), en 1500 il y a plus de 10 000 prêtres en Limousin, et on assiste en 1512 aux ostensions de Saint-Martial, en faisant référence au "  miracle des ardents  ". Ces ostensions qui se généralisent dans de nombreuses paroisses sont des manifestations septennales qui consistent à célébrer les reliques des saints.

Du XVIe siècle à la Révolution

Au milieu du XVIe siècle, Henri II décide de restreindre les pouvoirs des seigneurs. Limoges se soulève et se retrouve punie d'une lourde amende.

Au cours du dernier tiers du XVIe siècle, les guerres de Religion mettent le Limousin à feu et à sang. En 1569, l'amiral de Coligny rosse les catholiques armées royales à la Roche-l'Abeille (le futur Henry IV est dans les rangs des vainqueurs).

Le vicomte de Turenne devient un ardent défenseur de la Réforme en 1576. Guéret en 1580 et Tulle en 1585 sont aux mains des protestants. En 1589, Limoges est saccagée par les armées du roi. Les Monédières, haut lieu de résistance des réformés, sont ravagées par des incendies.

Terre de Navarre... et de France

Le XVIIe siècle commence en 1602 avec l'émeute de la Pancarte à Limoges. Henri IV, dernier vicomte de Limoges, rattache ses possessions dont le Limousin à la couronne en 1607. La peste s'abat à nouveau en 1631. De nouveaux ordres religieux apparaissent, collèges de jésuites, hôpitaux, et surtout confréries de Pénitents.

Au cours d'une redistribution administrative (seconde moitié du XVIIe siècle), le Limousin est divisé en élections et en généralités gérés par les intendants du roi. Sous Colbert, les artisans d'Aubusson en 1665 et de Felletin en 1689 se regroupent en manufactures royales de tapisseries. La manufacture d'armes de Tulle est créée en 1690. 

C'est également durant ce siècle que les Creusois ont construit à la sueur de leur front le château de Versailles. Au XVIIIe siècle, en 1722, le cardinal Dubois est chargé par le régent de participer à l'éducation politique du jeune Louis XV. Il mourra peu après mais eut le temps d'organiser un vrai cycle de leçon pour le jeune souverain. En 1738, Louis XV achète la vicomté de Turenne, une des dernières principautés seigneuriales.

Turgot met le turbo

Après Orsay, Tourny, Macheval, Turgot est nommé intendant de Limoges en 1761. Il transformera le Limousin de manière brillante. De vraies routes apparaissent. En 1766, le chirurgien Darnet découvre du kaolin à Saint-Yrieix-la-Perche, et, 5 ans plus tard, c'est la création de la première manufacture de porcelaine à Limoges.

Durant la seconde partie du XVIIIe siècle, le pouvoir de l'église diminue. C'est aussi à cette époque que l'important ordre de Grandmont est dissous.

De la Révolution au XXIe siècle

La Révolution

Les châteaux sont pillés, et, hélas pour les générations futures, les archives seigneuriales sont brûlées.

1790  : création des départements de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

Sous le Directoire, le Consulat et l'Empire, le Limousin payera un lourd tribut en hommes au cours des batailles napoléoniennes.

Les débuts du XIXe siècle

Au début du XIXe siècle, Louis-Joseph Gay-Lussac fait de nombreuses découvertes dans le domaine de la chimie. Sous la Restauration, en 1815, les conditions de vie des Limousins sont très précaires. Les migrations culminent au milieu du XIXe siècle.

En 1829, les premières mutuelles ouvrières voient le jour à Limoges, et les premières grèves ouvrières des porcelainiers débutent en 1833. En 1842, l'Américain Charles-Edouard Haviland se lance dans la porcelaine.

De l'électricité dans l'air

1844  : la diffusion des idées contestataires et progressistes s'accentue en Limousin. Pierre Leroux édite la Revue sociale. Dans un même temps, dans l'objectif de répondre à la fameuse question sociale, le socialiste chrétien crée un phalanstère à Boussac en Creuse en compagnie de Georges Sand et de la féministe Pauline Roland. Celle-ci comporte 80 membres.

En 1848, au moment des crises sociales, éclate l'affaire de Limoges  : la garde nationale est désarmée à Limoges, où un comité provisoire prend le pouvoir. Vingt jours plus tard, l'armée reprend le pouvoir.

Le 4 décembre 1851, Denis Dussoubs, avocat et journaliste républicain, fils d'un boulanger de Saint-Léonard, est abattu en pleine rue à Paris à l'âge de 33 ans alors qu'il protestait contre le coup d'Etat du futur Napoléon III. En réponse à une opposition très marquée à Limoges, on procède à de nombreuses arrestations.

1856  : des industries de la porcelaine et de la chaussure se développent. Haviland construit sa première usine. Cette même année, le chemin de fer arrive en Limousin. Au moment de la Commune, en 1871, bon nombre de migrants limousins sont aux premières loges à Paris, pour défendre leurs idées. Vers 1889, Bourganeuf sera la première ville électrifiée.

Le siècle s'achève avec la création de la CGT à Limoges, en 1895.

1905  : le début du XXe siècle est marqué par la mort de Camille Vardelle, jeune manifestant tué lors des grèves et émeutes insurrectionnelles historiques à Limoges.

Les deux guerres et la crise de 1929

En 1914, le maréchal Joffre met 134 officiers à résidence à Limoges pour incapacité. Depuis, la langue française s'est enrichie du verbe "  limoger  ", qui signifie disgracier, destituer. La Première Guerre mondiale compte dans ses rangs 100 000 hommes du Limousin. Les jeunes partent les premiers au front, et le nombre des naissances chute considérablement.

La crise de 1929 affecte durement la région, dont les exportations étaient très importantes du fait de sa notoriété de son savoir-faire en divers domaines.

Pendant l'entre-deux-guerres, des grands barrages sont construits sur le Taurion. En 1938, la tapisserie marchoise connaît un nouvel essor, grâce notamment à Jean Lurçat.

Terre d'accueil, le Limousin double sa population au moment de l'exode de 1940. Parmi les maquisards, très présents mais difficiles à fédérer, Georges Guingoin devient une figure emblématique de la Résistance en 1943. La terre limousine n'est pas épargnée par les massacres. Le 9 juin 1944, à Tulle, une division SS pend 99 hommes et adolescents.

Le 10 juin 1944, c'est à Oradour-sur-Glane, désormais un haut lieu de la barbarie nazie, que 643 personnes dont 500 femmes et enfants seront brûlés vifs dans l'église incendiée. Au moment de la Libération, les combats d'Egletons, du mont Gargan et d'Ussel resteront inscrits dans l'Histoire.

De la reconstruction à nos jours

Après la guerre, l'entreprise Legrand ne fabrique plus de la vaisselle mais des isolants en porcelaine. C'est l'époque des grands reboisements des forêts, de la découverte de l'uranium et des aménagements hydrauliques, comme à Vassivière.

En 1958, la Corrèze est le premier département par le nombre de "  non  " contre la Ve République. En 1967, Jacques Chirac prête le serment de Solignac et devient député d'Ussel.

L'académie de Limoges est construite en 1965, l'université en 1968 et le CHRU en 1975. La région Limousin est officiellement créée en 1972.

La première Foire du livre ouvre ses portes en 1982. En 1993, le CSP est la première équipe française à obtenir un titre de champion d'Europe. En 1994, l'architecte Jean Nouvel construit le Génoscope de Lanaud, tandis que cesse l'exploitation des mines d'uranium dans les monts d'Ambazac. En 1995, Jacques Chirac, alors député de Corrèze, est élu président de la République.

En 1999, le Centre de la mémoire ouvre ses portes à Oradour-sur-Glane. En 2001, le musée du président Jacques Chirac est créé. Il rassemble de nombreux objets reçus par l'ancien président au cours de ses deux mandats.

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Date de dernière mise à jour : 08/12/2016