Lozère patrimoine et histoire (48)

Patrimoine, monuments et sites touristiques de Lozère

Quoi faire dans la Lozère ? Séjour touristique en France dans ses pages énumères les lieux avec des classifications touristiques officielles aux alentours et d'autres lieux d'intérêt à visiter dans la Lozère en Languedoc-Roussillon qui devraient servir d'inspiration si vous êtes en vacances. Notre guide du patrimoines et de l'histoire de la Lozère à pour but de vous faire découvrir les monuments, le patrimoine et l'histoire de la Lozère.

Sites touristiques

  • Cham des Bondons
  • Parc à loups du Gévaudan
  • Maison des vautours
  • Réserve de bisons d'Europe de Sainte-Eulalie
  • Aven Armand
  • Grotte de Dargilan
  • Chaos de Nîmes-le-Vieux
  • Gorges du Tarn
  • Cham des Bondons
  • Écomusée du mont Lozère
  • Filature des Calquières
  • Musée archéologique de Banassac
  • Musée de Javols
  • Vallon du Villaret

Architecture militaire de Lozère

Architecture militaire

L'architecture militaire du Moyen Âge se résume à des vestiges, comme au Tournel, bâtis sur des sites défensifs ou de surveillance. Ils servaient autant pour se protéger des agressions extérieures que pour affirmer sa puissance. Quelques vestiges subsistent : Tour d'Apcher, tour des Anglais à Châteauneuf de Randon, donjon de Canac, ou encore, la tour du Canourgue à Sainte-Croix-Vallée Française, restaurée par le Parc national des Cévennes, qui domine l'ensemble de la Vallée-Française.

Sa situation stratégique connue dès le début du XIIIe siècle formait l'un des maillons d'un réseau de places fortes installées tout au long de la vallée. On retrouve également ce type de construction à la Garde-Guérin, au-dessus des gorges du Chassezac, ou au Villard, au-dessus de la vallée du Lot. Parfaits exemples de ces petites unités de vie protégées derrière leurs remparts, ils ont gardé leur aspect ancien, des XIIe et XIIIe siècles

Les Châteaux

En 1724, le Père l'Ouvreveul recense 136 châteaux en Lozère.

Certains ont depuis succombé face aux ravages du temps, d'autres témoignent encore de la présence et de l'influence des huit grandes baronnies d'antan : la Baronnie du Tournel à qui l'on doit le château de Saint Julien du Tournel, dont on pense qu'il fut le plus grand du Gévaudan, et le château de Boy, où la famille de Tournel s'établit dès le XIVe siècle. 

De la baronnie de Peyre, il reste le château de la Baume, surnommé le Versailles lozérien. Remanié au XVIIIe siècle, il représente le type parfait de la demeure classique en Gévaudan. Autre château qui a su traverser le temps, celui de Florac abrite désormais la maison du Parc National des Cévennes. Le château de Canilhac datant vraisemblablement du XIIe siècle était déjà considéré en ruine au XVIIe siècle. Menaçant de disparaître, la salle basse a été consolidée et accueille désormais les services de la mairie.

Du siège de la baronnie d'Apcher ne reste comme vestige que la tour d'Apcher, mais il subsiste une autre de leurs demeures : le château de Billières à Saint Chély d'Apcher, qui a connu bien des péripéties mais est toujours resté debout !

Défensif, à vocation militaire au Moyen Age, le château se civilise à la Renaissance (XVe et XVIe siècles) et commence à être utilisé comme demeure. Parmi les plus beaux exemples, le château de Castanet à Pourcharesses ou le château du Champ à Altier. Ce dernier montre le passage du castrum médiéval à la demeure type du XVIIIe siècle, où l'harmonie et l'apparat donnent le ton.

Dans le même ordre d'idées, le château de La Caze montre bien les changements, à partir de fondations anciennes, on évolue vers des châteaux de résidence plus raffinés.

  • Château du Tournel
  • Château de la Baume
  • Château de Saint-Alban
  • Château de Florac

Architecture religieuse de Lozère

L'architecture religieuse catholique, composée essentiellement d'églises rurales, massives ou de petite tailles, est basée sur l'art roman, qui subit, d'une part, l'influence d'un milieu naturel pour les matériaux de constructions, en basalte sur l'Aubrac, granit sur la Margeride, calcaire pour les Causses, schiste pour les Cévennes et, d'autre part, d'apports extérieurs, auvergnat au nord, languedocien au sud, la partie centrale donnant un style gévaudanais, synthèse des deux.

Les clochers peignes dominent et s'intègrent parfaitement au paysage environnant. Dans le nord, apparaît le clocher octogonal caractéristique du style auvergnat. La cathédrale de Mende, symbole de la puissance des évêques, est le seul témoin important de la période gothique.

En Cévennes, fortement marquées par le culte protestant, seuls deux temples sont antérieurs à la révocation de l'Edit de Nantes : celui du Collet de Dèze et celui de Vialas. Ailleurs, ils ont été construits après la Révolution et, surtout, entre 1820 et 1840, quand un grand mouvement populaire de reconstruction des temples s'organise, financé par les communautés protestantes.

A l'époque, les Cevennes, avec la sériciculture, connaît la prospérité et une démographie au plus haut. Les temples doivent pouvoir accueillir un grand nombre de fidèles (1 300 à Saint-Germain de Calberte !). Construits le plus souvent sous la maîtrise d'oeuvre du pasteur ou de l'architecte du village, ils obéissent à des impératifs de solidité et d'économie de moyens, le plan ne fait donc pas démonstration d'habileté architecturale : rectangle, cercle. Exception à cette règle, le temple de Meyrueis a un plan octogonal. Enfin, quelques anciennes églises sont converties en temples, comme celle de Moissac-Vallée-Française..

  • Cathédrale de Mende
  • Collégiale de Bédouès
  • Abbaye de Mercoire

Ouvrages d’art de Lozère

 

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Histoire de Lozère

Terre de légendes, dont la plus célèbre reste sans conteste celle de la Bête du Gévaudan, née au XVIIIe siècle, l'histoire de la Lozère s'est écrite singulièrement, d'âge en âge. La présence romaine antique a imposé la religion chrétienne et laissé nombre de traces du thermalisme et d'une aristocratie florissante.

Les présences espagnole puis anglaise, au Moyen Âge, ont ensuite exacerbé la ferveur religieuse des lozériens ; suivies des guerres de religion qui ont engendré des transformations continues du territoire, jusqu'à la Révolution. Au XIXe siècle, les épidémies animales et botaniques entraînent le déclin des industries productrices de soie, de laine, de chataîgnes et de vin, nées au cours du siècle précédent.

Après un rôle marqué dans la Résistance, entre 1940 et 1944, la Lozère contemporaine n'a de cesse de promouvoir le développement économique par la filière touristique, les nouvelles technologies et la recherche de voies innovantes susceptibles de maintenir et accroître sa population.

Préhistoire

Ce n'est qu'au paléolithique (- 250  000 à - 8 000 ans) que l'on trouve les premières traces d'une présence humaine en Lozère. Des empreintes de pêcheurs néandertaliens, datées de 50000 ans, ont été retrouvées dans les gorges du Chassezac, ainsi que dans une grotte proche du château de La Caze, un joli biface de cette époque. Il occupe alors toute la région depuis les Causses jusqu'au Malzieu.

Au Paléolithique supérieur (entre -25 000 et -10000), le climat change et les glaciers de l'Aubrac, du mont Lozère et de l'Aigoual obligent les hommes à descendre dans les vallées.

Au Mésolithique, période de transition (jusqu'à -6000), le réchauffement amène cerfs, sangliers, lièvres dans des forêts de feuillus et les chasseurs-cueilleurs apparaissent, reconquérant les Causses.

Au Néolithique (5500 à 1 800 av. J.-C.), le chasseur devient progressivement agriculteur et éleveur, conséquence de la domestication des animaux. L'homme se fixe alors en un point précis pour surveiller son bien et apparaissent les premières techniques : poterie, tissage, filage, polissage, amélioration de l'arme de chasse. Changement important aussi : la relation avec la mort qui se traduit par l'apparition de tombes monumentales et collectives , les dolmens.

La Lozère est riche en monuments préhistoriques datant de cette époque où les causses étaient couverts d'une forêt qui nourrissait les hommes, et compte sur son territoire plus de dolmens que le Finistère et le Morbihan réunis. Le site le plus connu est celui des Bondons, vers Ispagnac, pour ses 153 menhirs dressés au milieu de nulle part, ou encore celui de Drigas, en bordure du causse Méjean, qui possède un menhir et une enceinte de pierre datant de l'Âge du Fer.

La découverte de ces sites doit se faire avec beaucoup de prudence et de respect. Ces vieux cailloux sont fragiles et n'ont pas fini de livrer leurs secrets. Il faut admirer sans rien toucher et ne pas piétiner les aires de fouilles. Le mieux est de se renseigner auprès du Parc des Cévennes qui a mis en place une série de sentiers sur ce thème, notamment un circuit des grands Causses : causse Méjean, causse de Sauveterre et le circuit de la Champ des Bondons ; des parcours des menhirs et dolmens, tumuli et autres.

A l'Âge du Bronze (de - 1800 à - 700), les outils et les armes se font plus élaborés et le bronze permet de confectionner, d'orner divers objets : outils, vaisselle, objets vestimentaires, objets de parure, armes... Un bel exemple a été donné par le " trésor " trouvé près de Saint-Chély-du-Tarn en 1874 avec son bracelet aux incisions transversales, les tasses, les têtes d'épingle...

L'incinération des morts se développe, ainsi que la sépulture individuelle, aboutissant à des tumulus de plus petite taille. A noter que sur les Causses, la préférence va à des couloirs d'accès coudés pour les dolmens.

A l'Âge du Fer (à partir de - 700), on assiste à un développement démographique et à une plus grande maîtrise de l'espace. Les cavernes sont abandonnées à jamais, les villages se développent, mais aussi les premières fortifications et les premiers remparts rustiques. On en a retrouvé traces à Hures-la-Parade, Le Tournel, Mas-Saint-Chély et Banassac.

A partir du VIe  siècle avant J.-C., l'habitat des hommes de l'Âge du Fer se structure. Les envahisseurs celtes, qui formeront la tribu des Gabales (habitants des hautes terres en langue celte) occupent un territoire qui correspond déjà aux limites du futur Gévaudan lorsque César envahit la Gaule.

Antiquité

Ennemis de Rome à ses débuts, les Gabales restèrent indépendants pendant les débuts de la conquète romaine, isolés dans la montagne, ne se mêlant pas des affaires de la plaine.

Lors de la guerre des Gaules (de - 58 à - 52), Jules César coupa à travers le pays gabale avant d'aller perdre bataille à Gergovie. Il campa dit-on sur le causse de Montbel à l'ouest du département, près de la forêt de Mercoire et y fit reposer ses légions. Les Gabales n'apprécièrent pas du tout cette intrusion et rejoignirent les troupes de Vercingétorix.

Puis, le vent de l'histoire tourna, et après la défaite d'Alésia, ils durent subir la domination romaine qui cependant leur permit de conserver leurs libertés et leurs lois. Leur capitale, Andéritum (Javols) devint une cité prospère, se romanisant peu à peu. Elle était reliée à la plaine par la route des Gabales qui, à partir de Nîmes, traversait les Cévennes, en passant par Anduze et Saint-Jean-du-Gard ; elle empruntait alors la " Corniche des Cévennes " pour atteindre Florac.

Après le passage dans le Valdonnez (Lanuéjols), elle franchissait le Lot à l'est de Mende et gravissait les premiers contreforts de la Margeride jusqu'à Javols. Là elle rejoignait l'axe majeur qu'était la Via Agrippa de Lyon à Cahors. Elle parcourait le nord de la Lozère depuis Chapeauroux jusqu'au sud de Nasbinals, avant de pénétrer en Aveyron. On peut encore voir des vestiges de pavement et de fossés à la sortie de Javols.

Les trois siècles de paix et de prospérité qui suivirent la conquête romaine (de - 52 au IVe  siècle après J.-C.) ont laissé de nombreux vestiges. Le mausolée de Lanuéjols (IIIe  siècle) constitue un bel exemple de la présence d'une riche aristocratie gallo-romaine.

Des ateliers de poterie sigillée existaient à Banassac et les richesses du sous-sol étaient déjà exploitées et le territoire parsemé de villas, larges unités d'exploitation agricole. Enfin, Bagnols était déjà une station thermale dont on a retrouvé la source originelle avec son bassin carré.

Face aux Vandales qui pillent la région, le christianisme, devenu religion officielle de l'Empire romain en décadence, s'implante tardivement avec le martyre de saint Privat à Mende (IIIe  siècle) et supplante peu à peu les cultes païens. Les croyances druidiques, du lac Saint-Andéol dans l'Aubrac perdureront pourtant jusqu'au VIe  siècle).

Moyen-âge

L'effondrement de l'Empire à partir du Ve  siècle et les invasions barbares qui suivent sont une période obscure. Toutefois, le début des fondations monastiques avec sainte Enimie (vers 600) marque la mainmise des rois francs sur la région. A l'époque carolingienne, la Civitas Gabalum devient le Pays du Gévaudan, rattaché à l'Aquitaine et divisé en comtés.

Entre le milieu du Xe et la fin du XIe  siècles, les monastères fleurissent en Gévaudan : le comte de Gévaudan est Guillaume le Pieux, comte d'Auverge, duc d'Aquitaine et fondateur de l'abbaye de Cluny. A la mort de ses successeurs, les Toulousains obtiennent le Gévaudan et le gardent jusqu'en 1085. Ces fondations jouent un rôle déterminant, notamment dans la reconquête des territoires et la mise en place de l'habitat.

Le XIe siècle est marqué par le développement des monastères, notamment bénédictins : Marvejols en 1060, le Monastier en 1062, le Rozier en 1075. La civilisation romane est celle qui a laissé le plus de traces dans la région : croix, forteresses, églises jalonnent le " chemin " de pélerinage, alors en plein essor.

Dès le XIIe  siècle, le Gévaudan est partagé entre huit barons mais c'est surtout la puissance croissante de l'évêque de Mende qu'il convient de retenir. En effet, une politique tenace, institutionnalisée en 1161 par Aldebert III, permettra à ses successeurs d'exercer leur pouvoir sur la région tout au long de l'Ancien Régime.

C'est à cette époque que se situe une particularité peu connue de la région. Un comte de Gévaudan de l'époque maria sa fille à Raymond Bérenger, comte de Barcelone. A sa mort, ses droits passèrent à sa fille et le comte de Barcelone devint donc seigneur du Gévaudan, à la fureur de l'évêque de Mende qui entendait conserver ses privilèges.

Ainsi pendant près de quatre-vingt années, la région passa sous la domination espagnole, le comte de Barcelone érigeant des châteaux comme à Chanac ou à Grèzes près de Marvejols. Les maisons dites " aragonaises " des Causses, notamment au Massegros sont encore des souvenirs de cette période. L'intermède espagnol cessa en 1255 ce qui obligea l'évêque de Mende à renouveler ses prétentions, cette fois-ci face au royaume de France.

L'accord définitif fut signé en 1307, au bout de trente-six années de procès, avec l'acte de paréage. Début du XIVe siècle, le territoire est alors divisé en trois parties : le domaine du roi, celui de l'évêque et la " terre commune " correspondant aux possessions des huit barons. Mende devint ainsi la ville épiscopale face à Marvejols, ville royale.

Les conséquences de la guerre de Cent Ans, en particulier les incursions anglaises amènent Bertrand Du Guesclin, connétable de Charles V, en Gévaudan. Venu chasser les compagnies de routiers, ces mercenaires qui après la guerre pillent tout sur leur passage, il meurt lors du siège de la forteresse de Châteauneuf-de-Randon, en 1380.

A la même période, Urbain V, né au château de Grizac, près du Pont de Montvert, devient pape, son médecin, Guy de Chaulhiac, le père de la chirurgie moderne, enraye l'épidémie de peste qui sévit alors.

De la Renaissance à la Révolution

A l'aube de la Renaissance, les richesse minières connaissent un nouvel essor, en particulier les mines d'argent. Pour le minerai de fer, on installe de nombreuses forges catalanes surtout sur le causse Méjean, ce qui contribue à la déforestation.

Les siècles qui marquent la fin du Moyen Âge et le début de la période moderne sont l'apogée des huit grandes baronnies du Gévaudan : Tournel, Peyre, Randon, Apcher, les plus étendues et les plus riches, Cénaret, Canilhac, plus petites mais très remuantes, enfin au nord, Mercoeur et au sud, Florac. Vers 1560, les Cévennes ainsi que le nord du Gévaudan sont gagnés par les idées de la Réforme.

A partir de 1562, catholiques et protestants se livrent une guerre fratricide durant laquelle le capitaine huguenot Mathieu Merle devient maître du Gévaudan. Prenant le Malzieu en 1573, il devint gouverneur de Marvejols en 1575, prend par surprise la forteresse de Grèzes et s'empara de Mende à Noël 1579, massacrant la population et pillant la ville.

Un an plus tard, Henri de Navarre le reconnait comme maître de Mende et le nomme gouverneur du Gévaudan. Devant le refus des habitants de payer rançon, il détruit en partie la cathédrale de Mende. Sommé de rendre la ville par le prétendant au trône souhaitant s'attirer les faveurs catholiques, il accepte contre l'obtention, à bon prix, d'une seigneurie.

A partir de 1586, les troupes catholiques reprennent peu à peu tout le Gévaudan, détruisant les forteresses protestantes comme le Malzieu ou Marvejols. Devenu roi de France, Henri IV favorise la reconstruction de la ville et de ses remparts. Le calme revient avec la Paix d'Alès. Richelieu ordonne, pour la maintenir, le démantèlement des forteresses de Grèzes, Peyre Châteauneuf de Randon...

Sous Louis XIV, les voiries mises à mal lors des périodes troublées, sont de nouveau entretenues (la Régordane retrouve le tracé qu'elle avait perdu et sera complètement remise en état au XVIIIe siècle. Cette période est marquée par l'essor du commerce et des foires. En 1680, les Hautes Cévennes comptent 18 000 protestants pour 6 000 catholiques.

Cette cohabitation est rompue en 1685 par la révocation de l'édit de Nantes qui réveille les querelles ; obligés d'abjurer leur religion, les Cévenols protestants s'exilent. Ceux qui restent se réunissent dans des lieux solitaires, le Désert, pour prier clandestinement. Les répressions dont ils sont l'objet sonnent l'heure de la révolte.

Le meurtre de l'abbé du Chayla en 1702, missionnaire envoyé pour ramener les " hérétiques " à la " vraie foi ", signe le début de la guerre des Camisards. Ils tiendront les troupes royales en échec jusqu'en 1704. La reconnaissance du fait protestant n'est consacrée qu'en 1787 par l'édit de Tolérance.

La bête du Gévaudan

Entre 1764 et 1767, une créature mystérieuse terrorisa les hautes terres lozériennes. La bête du Gévaudan sévit pendant trois ans, laissant derrière elle une centaine de morts et autant de blessés : huit victimes pendant l'été 1764, treize vers l'Aubrac en janvier 1765, trente de février à mai.

Les meilleurs chasseurs du royaume se mobilisent, un loup est tué ; mais après une accalmie, la tuerie reprend au printemps 1766 avec sept morts déclarés puis un an après, à partir de mars 1767, 15 nouvelles victimes sont comptabilisées jusqu'au 19 juin, date où le marquis d'Apcher tue un loup. Le carnage prend alors fin.

Entre mythe et réalité, l'histoire a retenu des récits de loup-garou, de hyène, d'ours, de babouins, de sorcières et de démons, de meutes de loups obéissant à un homme, de vengeance divine et de folie humaine. Aucune explication rationnelle n'a encore été avancée, et la bête continue de faire parler d'elle...

De la Révolution au XXIe siècle

Le XVIIIe siècle reste une période troublée : épidémie de peste, passage du brigand Mandrin et de sa bande de pillards, la bête du Gévaudan qui y sévit durant trois années... La Révolution abat clochers et monuments religieux. Eglises et abbayes sont vendues comme biens nationaux ou démolis. Malgré tout, la Révolution en Lozère connaît une forme très particulière : ici, pas de patriotisme exacerbé, pas de luttes farouches contre les idées révolutionnaires mais une forte résistance de la population, très attachée aux valeurs du catholicisme et à son clergé rural.

Le département est alors créé, conservant à peu près les limites du Gévaudan, si ce n'est l'abandon de Saugues au nord et la récupération de Villefort et de Meyrueis au sud. Pendant ces années troublées, la Lozère connait aussi son paradoxe : le révolutionnaire le plus acharné est un noble, le marquis de Châteauneuf (le " Marquis rouge ") qui fait raser les églises et pourchasse les contre-révolutionnaires menés par Marc-Antoine Charrier de Nasbinals, simple notaire issu du Tiers état.

L'essor démographique et économique amorcé au XVIe  siècle atteint son apogée au XIXe  siècle. Mais épidémies et concurrence vont successivement ruiner les activités essentielles de l'économie. La sériciculture, élevage de vers à soie, qui a fortement imprégné le paysage cévenol, voit ses rendements diminuer sous le coup de la pébrine, maladie de la larve.

La concurrence des textiles artificiels, dans l'entre-deux-guerres, sonne le glas de cette industrie dont il ne reste que les immenses bâtiments des filatures, sentinelles figées au coeur de chaque vallée. Le commerce de la laine, si florissant auparavant, décline à partir du XIXe  siècle. L'arrivée du phylloxéra en 1872 va marquer la disparition totale des vignes dans le département et la châtaigneraie, atteinte par la maladie de l'encre, est peu à peu abandonnée.

La dégradation de la situation économique et l'arrivée du chemin de fer entraînent un exode rural massif vers le bassin houiller d'Alès, laissant le pays désolé. Mais cette arrivée marque aussi le début du tourisme avec la découverte des Gorges du Tarn et les premières visites organisées dès le début du XXe siècle dans la grotte de Dargilan.

De nos jours

La population, qui a diminué presque de moitié en un siècle progresse depuis quelques années et est passée de 74 000 habitants en 2000 à 77 082 en 2010. Les néo-Cévenols, arrivés dans les années 70, se sont peu à peu enracinés. La Lozère, faiblement industrialisée et essentiellement terre d'élevage, mise aujourd'hui sur la pluriactivité (développement de la filière bois) et s'implique fortement dans le tourisme.

Le Parc national des Cévennes contribue au maintien de l'activité agricole et à la préservation des paysages et des hameaux, en même temps qu'il véhicule une image forte de la région. L'inscription des Causses, Gorges et Cévennes au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco devrait apporter une plus grande notoriété au département.

Personnages de l'histoire et de légendes de Lozère

Bassanius (IIIe  siècle).

Ce noble romain serait, comme tant d'autres, resté dans le plus complet anonymat si ses deux fils n'avaient eu la malencontreuse idée de mourir. En mémoire de ce drame, ce riche propriétaire terrien établi dans le Valdonnez leur éleva un monument : le mausolée de Lanuéjols, où l'on discerne encore son nom.

Bertrand Du Guesclin (1320-1380).

Il est connu de tous les écoliers français car il se couvrit de gloire dans toute l'Europe, sauva le royaume et mourut en Lozère, à Châteauneuf-de-Randon, d'un refroidissement après avoir bu, en sueur, l'eau fraîche d'une source.

Enimie.

Personnage légendaire ou soeur du roi Dagobert ? Quand le mythe est plus beau que la réalité, tenons-le pour vrai. Ayant décidé de vouer sa vie à Dieu, la princesse Enimie fut frappée par la lèpre lorsque son royal père voulut la marier à un riche prétendant. Plusieurs années plus tard, un ange lui indiqua une source miraculeuse dans les gorges du Tarn, qui seule pouvait la guérir.

Le voyage fut long, mais l'effet immédiat. Hélas, la lèpre revenait dès que la princesse remontait sur le causse. Elle s'établit alors dans une grotte près de la source de Burle, mena une vie de sainte, fit des miracles et érigea un monastère qui donna son nom au village : Sainte-Enimie.

Saint-Frézal (IXe  siècle).

Mythe ou réalité ? L'évêque de Mende aurait été assassiné par son neveu Bucilinus, jaloux de sa charge, qui lui trancha la tête tandis qu'il priait. La grâce fit que Frécaldus (Frézal) put encore se lever et porter sa tête jusqu'au lieu où il désirait reposer, près d'une source qui ne tarira jamais. L'enfer fit que son neveu périt au même moment par les flammes - les résultats de l'examen du squelette du saint attestent qu'il est mort d'un grand coup sur la tête...

Sain-Privat (IIIe  siècle).

Il est le premier évêque du pays gabale dont l'histoire semble attester l'existence. Retiré dans une grotte du mont Minat, il fut martyrisé par les Alamans. Ses reliques, après cinq siècles d'errance dans divers sanctuaires, furent ramenées à Mende en 815, où elles restèrent jusqu'à leur destruction en 1579 par le capitaine Merle. L'ermitage du mont Mimat, accroché à la falaise, domine encore Mende.

Le pape Urbain V (1310-1370).

Guillaume de Grimoard naquit en 1310 près du Pont-de-Montvert. Après des études, dès 12 ans, à Montpellier et Toulouse, il entra chez les Bénédictins et entama une irrésistible ascension (professeur, docteur en droit canonique, légat pontifical, abbé de Saint-Victor à Marseille) qui l'amena au sommet : la papauté.

Grand pape, il mit fin à l'intermède avignonnais en se réinstallant à Rome. Protecteur des arts et des sciences, il fit bâtir la cathédrale de Mende et créa à Montpellier un collège pour accueillir des étudiants lozériens en médecine.

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Date de dernière mise à jour : 06/12/2016