la Bastie d’Urfé

Château la Bastie d’Urfé Loire Rhône-Alpes

La Bastie d'Urfé (ou Bâtie d’Urfé) est un château du Forez (Saint-Étienne-le-Molard, Loire), ouvert aux visiteurs. Il est le lieu de spectacles estivaux dans le cadre des Nuits de la Bâtie d'Urfé et de l'action nationale Nuit des musées. Il a été habité autrefois par Honoré d'Urfé, auteur de L'Astrée.

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Histoire

Une grange monastique installée sur les bords du Lignon par les moines du prieuré de Champdieu est à l’origine du domaine de la Bâtie au XIe siècle. Elle devient ensuite une maison forte avec son pont-levis et ses fossés. La famille d’Urfé, descendue de sa forteresse montagnarde des Cornes d’Urfé à Champoly, près de Saint-Just-en-Chevalet, s’installe à la Bâtie à partir du XIIIe siècle.

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Érigé au XVe siècle, le manoir familial de la Bastie, un édifice à l’origine de style médiéval a par la suite été transformé par Claude d'Urfé (1501-1558), ambassadeur de François Ier à Rome, pour le concile de Trente, puis gouverneur du Dauphin. Il s'inspira de ses séjours en Italie et des réalisations royales pour aménager dès 15352 sa demeure en un joyau de la Renaissance italienne et française (art nouveau du XVIe siècle) et devenir le fleuron du Forez.

Claude d'Urfé a voulu exprimer à travers l’architecture et les décors de la Bâtie, différentes idées : son amour pour sa femme, sa passion pour les arts ainsi que pour la connaissance et sa pensée philosophique. Il a passé commande à de grands artistes pour l’embellir3.

Situé à côté du Lignon du Forez, c'est là qu'Honoré d'Urfé, petit-fils de Claude, passa une partie de sa jeunesse dans ce château et écrivit L'Astrée, premier roman fleuve de la littérature française.

On retrouve d'ailleurs des lieux réels des environs du château dans cet ouvrage: Honoré d'Urfé plaça la Bâtie et ses environs au centre de son roman. On peut retrouver depuis les fenêtres de cette demeure un cadre évoqué par l’écrivain : le bocage, les bords du Lignon, les Monts du Soir et du Forez. Dans le parc, la Fontaine de la Vérité d’Amour subsiste, semblable à celle qu’Adamas avait fait dresser par Céladon3.

En 1836, la Bastie d’Urfé est achetée par Caroline « de » Lagrange (1806-1870), fille du comte Joseph Lagrange (1763-1836), duchesse de Cadore, épouse de Louis Alix de Nompère de Champagny. La Bastie d’Urfé pourrait être sauvée car elle s'adresse à Prosper Mérimée pour un classement. Mais c'est en vain4.

Du XXe siècle à nos jours

Sauvé de la ruine en 1909 par la Société Historique et Archéologique du Forez, la Diana, il est classé monument historique depuis le 25 octobre 19125.

D’importants travaux réalisés par le Conseil général de la Loire depuis 1990 ont permis d’améliorer considérablement l’image de la Bâtie ainsi que l’accueil des visiteurs. En sept ans (de 2001 à 2007), le Conseil général a engagé pour 1 140 000 euros de travaux pour redonner vie à ce site majeur de la Loire3.

Présentation architecturale

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Rampe d'accès gardée par un sphinx
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Les jardins et la rotonde de la Bastie d'Urfé

La maison forte est le bâtiment le plus ancien de la Bastie d'Urfé (XIVe siècle). Au cours des années 1460-70, la maison forte est agrandie au sud et au nord par l'édification d'un donjon. Les douves sont alimentées par le bief de dérivation des eaux du Lignon.

Le château offre un ensemble remarquable : la galerie aux douze colonnes, la rampe d'accès gardée par un sphinx, le corps de garde.

À l'intérieur, différentes salles dont celle des rocailles, unique en France, dont les ornements mythologiques sont réalisés avec des petits galets, des coquillages, et des sables de couleur2, la chapelle unissant peintures et gypseries (boiseries et marqueteries, le pavement en faïence et le plafond) créés par des artistes italiens et des artisans venus du Forez3.

Jardins

Les recherches menées à la Bastie de 1993 à 1998, ont permis de mieux connaitre l'aspect du jardin de Claude d'Urfé. Une réplique d'un plan de 1804 situé dans les jardins, dessine une allée plantée d’arbres qui conduisait au château.

Ses magnifiques jardins du XVIe siècle qui entoure le château, bordés par un canal en amont du Lignon, et aujourd'hui reconstitués comme aux origines, comprennent des parterres de buis divisé en seize compartiments géométriques et symétriques, une rotonde, une fontaine de marbre blanc fontaine de la vérité d’amour, un dédale, une pergola et un bassin.

Une partie de la balustrade a été réalisée à l’identique. Également disparu, une partie du jardin composée d’un labyrinthe de coudriers.

Le jardin du château de la Bastie d'Urfé, qui a gardé son dessin de jardin du XVIe siècle est inscrit au pré inventaire des jardins remarquables6. Le portail, le mur de clôture, l'allée, la clôture de jardin, le jardin fleuriste, le jardin potager, le verger ainsi que la porcherie, l'étable, la grange et l'écurie ont été classés monument historique en même temps que le château en 1912.

Musée

Ouvertures toutes saisons. Visites guidées en juin, août, septembre et octobre.

Spectacles, Événements

Festival des Nuits de la Bâtie d'Urfé

Cette demeure fait l'objet d'importantes restaurations par le Conseil général de la Loire qui en fait également un haut lieu d'animations culturelles du département : chaque été, le festival des Nuits de la Bâtie d'Urfé se déroule au sein même du château. Pluridisciplinaire, il œuvre dans différents domaines artistiques : théâtre, musique classique, comédie-ballet2, installations, cinéma, spectacles jeune public, visites guidées et expositions7.

La Nuit des musées

La Bastie d'Urfé ouvre également ses portes à la Nuit européenne des musées. Les visites se font avec des lampes torches pour permettre aux visiteurs de découvrir des détails du château. De la musique (intermèdes) accompagne les visites dans les jardins et le château.