Ile et Vilaine

Saint-Malo, Ile et Vilaine, Bretagne

Saint-Malo est une commune de France métropolitaine, située en Bretagne, dans le département d'Ille-et-Vilaine.

Ses habitants, les Malouins et les Malouines étaient 47 045 en 20091.

Station balnéaire connue pour sa ville close et son rapport à la mer, la ville est l'une des plus visitées de Bretagne. Sa population augmente sensiblement en été, passant à près de 200 000 habitants2. En 2010, un sondage publié par le site TripAdvisor la classait en première position des destinations préférées des Européens en France3. Fruit d'une riche histoire maritime, elle demeure un port important (plaisance, pêche, commerce et voyageurs) et un centre économique.

Fichier:Saint-Malo depuis la rade - juin 2010-2.jpg

Géographie

Situation

La commune de Saint-Malo est située sur le littoral de la Manche et sur la rive droite de l'estuaire de la Rance, à 18 km au nord de Dinan et à 75 km au nord de Rennes.

Saint-Malo constitue la partie nord-ouest du Clos-Poulet, une large presqu'île délimitée par la Rance, la Manche et la dépression de Châteauneuf. A l'extrémité nord-est du Clos-Poulet, se trouve Cancale, qui regarde vers la baie du Mont-Saint-Michel. Le littoral du Clos-Poulet fait partie de la Côte d'Émeraude, qui s'étend de Cancale au cap Fréhel.

Les communes limitrophes de Saint-Malo sont, à l'est, Saint-Coulomb et Saint-Méloir-des-Ondes, au sud, Saint-Jouan-des-Guérets, à l'ouest, sur la rive gauche de la Rance, Dinard, La Richardais et Pleurtuit.

L'actuelle commune a été formée par la fusion en 1967 des anciennes communes de Saint-Malo, alors de faible superficie, de Paramé et de Saint-Servan4.

Relief

La commune s'étend sur un plateau littoral de faible altitude.

Le littoral maritime, d'une dizaine de kilomètres, est formé d'ensembles rocheux entrecoupés de plages à l'est de la pointe de la Varde (secteurs du Pont, de Minihic, de Rothéneuf et de la Guimorais) et d'une longue plage entre la base de la pointe de la Varde et la Ville close (plage longée par la digue de Rochebonne).

Le premier franchissement de la Rance est assuré par le barrage de l'usine marémotrice de la Rance entre Saint-Malo (quartier de la Briantais) et Dinard.

Le site du centre ville avec la Ville close (le vieux Saint-Malo), la Cité (ancien Alet) et le port est formé par un littoral complexe, avec de nombreux récifs et brisants immergés à marée haute, des tombolos sous-marins, visibles aux marées basses de vives eaux, par des îles ou îlots dont beaucoup ont été fortifiés aux XVIIe et XVIIIe siècles (Cézembre, Fort Harbour, le fort de la Conchée, le Grand Bé et le Petit Bé, l'île du Fort National).

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Histoire géologique

La Ville close a d'abord été construite sur une île rocheuse située entre la pointe du Naye au sud et les prairies de Cézembre, devenu une presqu'île suite à ce que la légende présente comme le raz-de-marée de 7095.

Une particularité des remparts de Saint-Malo est qu'ils sont posés sans fondation sur le rocher et tiennent par le poids des pierres empilées.

Histoire


Vue d'ensemble

Article détaillé : Histoire de Saint-Malo.

L'histoire de Saint-Malo remonte à l'antiquité celtique, où cette région correspond à l'ancien centre maritime du peuple gaulois des Ambibarii9 : « Ambibares », appelés « Abrincatuii » (Abrincates) par Ptolémée, peuple de l'Avranchin, fraction des Unelles du Cotentin10, dont le domaine s'étendait jusqu'à la cité d'Aleth (actuel Saint-Servan). Sous l'influence des Romains, la ville de Corseul, dans les terres, se développe aux dépens de la cité d'Aleth. Aleth reste un port important et à la fin du IIIe siècle les Romains choisissent de le fortifier. À cette époque, face à Aleth, l'île de la future Saint-Malo est encore inhabitée.

Lors du retrait de l'armée romaine (le 16 janvier 423), Aleth subit de nombreuses attaques venues du Nord. C'est ensuite que saint Maclow, venant de l'actuel Pays de Galles, s'installe sur le rocher qui prendra le nom de rocher de Saint-Malo en 54111.

Aleth continue de se développer jusqu'à la fin du premier millénaire où, après plusieurs attaques des Normands, la ville est durablement affaiblie. Au milieu de XIIe siècle, le siège épiscopal d'Aleth est déplacé sur le rocher de Saint-Malo, mais on ne sait si l'arrivée de l'évêque précède ou suit la première urbanisation de Saint-Malo. Cet événement marque néanmoins la fin de la grandeur d'Aleth. Désormais, la position stratégique du port est l'objet de conflits entre la Bretagne et le royaume de France. En 1590, la ville en profite pour proclamer son indépendance et devient une cité-état pendant quatre ans. Après un bref passage aux mains du roi de France au début du XVe siècle, Saint-Malo est définitivement annexée de la Bretagne à la France en 159312.

C'est avec la découverte des Amériques et le développement des échanges commerciaux avec les Indes que Saint-Malo prend son envol économique et s'enhardit considérablement. Les armateurs deviennent plus nombreux et des personnages de cette époque font la renommée de la ville. Jacques Cartier découvre et explore le Canada, les corsaires harcèlent les marines marchandes et militaires ennemies, tels Duguay-Trouin, puis un peu plus tard Surcouf. D'autres s'illustrent dans les sciences, tel Maupertuis, ou dans les lettres et la politique comme Chateaubriand. Modification du style de vie, les armateurs se font construire de belles demeures particulières appelées Malouinières13.

L'essor de Saint-Malo trébuche à la Révolution française qui ne l'épargne pas. Saint-Malo continue cependant de développer la pêche, en particulier la Grande Pêche vers Terre-Neuve. À la fin du XIXe et au XXe siècle, Saint-Malo développe son tourisme, notamment grâce à ses plages. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Malo est particulièrement touchée. Les Alliés, mal renseignés sur les effectifs de la garnison locale, bombardent massivement le centre historique de la ville en 1944. La ville est dévastée à 80 % par des bombes incendiaires. Reconstruite dans style historicisant, et non à l'identique, Saint-Malo est aujourd'hui un important centre touristique estival, également port de commerce, de pêche et de plaisance14.

Fichier:Flèche de la Cathédrale Saint-Vincent (Saint-Malo, 35).jpg

Lieux et monuments


Saint-Malo abrite 81 monuments historiques et 169 bâtiments inventoriés 41.

Les plus connus (les plus emblématiques, selon la formule consacrée), sont situés dans la ville close :

  • La cathédrale Saint-Vincent42
  • Le Château de Saint-Malo43
  • Les Remparts de Saint-Malo.

Ville close de Saint-Malo

Le tour des remparts est sans doute la première attraction touristique de Saint-Malo. Ces remparts ceignent entièrement la ville. Ils longent le château de Saint-Malo, qui héberge aujourd'hui la mairie. On peut en faire le tour virtuellement sur le site de l'office du tourisme malouin.

Le château a été construit par les ducs de Bretagne puis aménagé et modernisé par Siméon Garangeau, disciple de Vauban. Son donjon abrite le musée d’Histoire de la Ville et du Pays Malouin.

Au centre de la ville close se dresse la cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo, dédiée à saint Vincent de Saragosse, repérable à son clocher dominant les toits.

Sur le tour des remparts et dans la ville, on trouve disséminées les statues de Jacques Cartier, Duguay-Trouin, Surcouf, Chateaubriand ou de Mahé de la Bourdonnais.

Toujours à l'intérieur des remparts, les visiteurs intéressés par l'histoire de Saint-Malo trouveront l'hôtel d'Asfeld, dernier hôtel d'armateur (les Magon) préservé des destructions de la Seconde Guerre mondiale.

Comme autres points d'attraction permanents aux abords des remparts, le Fort National, au nord de la ville close, est accessible à marée basse, tout comme le fort du Petit Bé, et la tombe de Chateaubriand sur l'île du Grand Bé.

Saint-Servan

Article détaillé : Saint-Servan.
  • La tour Solidor, qui abrite le Musée international du long-cours cap-hornier ;
  • L'ancienne cathédrale Saint-Pierre d'Aleth (en ruines) ;
  • Les murs gallo-romains d'Aleth ;
  • La base allemande de la Cité qui abrite le mémorial 39/45, musée consacré aux fortifications dressées par l'armée allemande et à la libération de la ville ;
  • Le fort de la Cité et son ancien corps de garde, demeure de Louis Duchesne ;
  • Les fresques de Geoffroy Dauvergne : réalisées dans le cadre du 1% artistique; façade de l'église Saint-Jean-l'Évangéliste et dans trois écoles : Cité, Bel-Air, Petit-Trianon toutes aujourd'hui recouvertes de toile de verre.

Commune de Saint-Malo

  • Les rochers sculptés de Rothéneuf.
  • Le manoir de Jacques Cartier, près de Rothéneuf.
  • L'île de Cézembre, accessible par bateau depuis Saint-Malo.
  • Le grand aquarium Saint-Malo, avec son anneau à requins, situé aux abords de la ville. C'est le second établissement touristique privé le plus visité de Bretagne44.
  • Le labyrinthe des corsaires dans le quartier de Quelmer non loin du barrage de la Rance.


Cancale Ile et Vilaine Bretagne

Cancale est une commune française, située dans le département d’Ille-et-Vilaine et la région Bretagne. Elle est réputée, depuis les temps anciens, pour ses huîtres plates sauvages des bancs naturels existant en eau profonde et plus récemment (vers 1950) pour ses huîtres creuses d'élevage.

Ses habitants, les Cancalais et les Cancalaises, étaient 5 341 en 2008.

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Cancale se situe à l’extrémité ouest de la baie du mont Saint-Michel, sur les côtes de l’Ille-et-Vilaine (côte d’Émeraude), à quinze kilomètres à l’est de Saint-Malo. La baie de Cancale est délimitée par la pointe des Roches Noires au sud et la pointe des Crolles au Nord.

Histoire

Une présence humaine est attestée sur la côte cancalaise dès le paléolithique moyen. Il subsiste également des traces de présence gauloise (ferme de la Ville es Péniaux) et gallo-romaine (villas gallo-romaines, pesons de pêche)1. Selon le texte hagiographique et en partie légendaire Vita Meveni écrit vers 1084 par le moine Ingomar, Saint Méen parti du Pays de Galles aurait débarqué dans la baie du Mont Saint-Michel pour fonder Konkaven (ancien nom de Cancale, du breton konk signifiant baie, anse et aven, la rivière, probablement le Guyoult se jetant entre la pointe du Grouin et l’île des Landes, au nord de Cancale, ce passage se nommant en effet « chenal de la Vieille Rivière »2) vers 545 puis évangéliser l'Armorique, d'où l'existence d'une pierre portant ses empreintes de pied3 et d'une fontaine aux pouvoirs miraculeux (guérision contre ergotisme, rachitisme, folie, maladies de la peau telle l'impétigo appelé localement « mal de saint Méen ») issue d'une source dans la grève de "Val ès Porcons"4 en contrebas de l'ancienne église de saint Méen5.

L'expansion viking se retrouve dans des toponymes empruntés au vieux norrois tels mielle, port de la Houle, pointe du Hock1. Selon Ogée, Les Normands auraient ravagé Cancale et le pays de Dol en 996 : l'église cancalaise de Port-Pican ayant été pillée, débute la construction de l'église Saint-Méen-de-Judicaël à l'emplacement de l'église paroissiale actuelle6. Le nom Konkaven évolue en Cancaven que l’on retrouve pour la première fois dans une charte du duc Alain III de Bretagne en 1032, puis en Cauncall en gallo 7.

Cancale est réputé dès le XIe siècle pour ses marins engagés dans la « grande » pêche à Terre-Neuve sur les morutiers de Saint-Malo mais aussi de Cancale, puisque existaient des chantiers de construction de navires sur le port de la Houle (les derniers terre-neuviers construits dasn ces chantiers quitteront le port après la grande grève des marins de 1911). De retour de leur campagne de pêche, les terres-neuvas pratiquent alors d'octobre à mars la pêche côtière, le maraîchage ou le ramassage des huîtres. François Ier accorde en 1545 au bourg de Cancale (jusque là, il s'agissait d'une simple paroisse ressortissant du siège royal de Dinan) par lettres patentes le titre de « ville » à part entière pour sa qualité de fournisseur d'huîtres plates de la table royale, les échevins de Paris ayant passé un contrat pour être livrés deux fois par semaine. Le roi Henri II accorde à la ville le privilège de tirer le papegai8.

Cancale est le port d’où partent en 1612 les navires de Daniel de La Touche, seigneur de la Ravardière, pour le Brésil : la Régente, la Charlotte et la Sainte Anne. Daniel de La Touche fut le fondateur de la ville de São Luis dans le Maranhão au Brésil9.

De nombreuses tentatives de débarquement de la part des Anglais, dans le but d’attaquer Saint-Malo par la terre, ont lieu notamment en 1758, 1779 (un boulet réputé tiré par un bateau anglais ornant le petit jardin du presbytère), d'où la construction sur des plans de Vauban du fort des Rimains qui constitue la forteresse en mer la plus puissante de la région à cette époque10 (le fort sur l'île des Rimains étant racheté et restauré par le boulanger Lionel Poilâne).

La Caravane

Plus de cent millions d'huîtres plates étant chaque année extraites de la baie, Louis XIV publie en 1787 une ordonnance réglementant le dragage des huîtres pour éviter l'épuisement du gisement naturel : chaque printemps autour de la période de Pâques, les bisquines, surtoilées pour avoir suffisamment de puissance, avaient le droit d’aller draguer les huîtres pendant environ quinze jours. Dès le signal des gardes, une flotille de 200 bisquines se mettait en route, ce spectacle était appelé la caravane. À marée haute, elles venaient décharger leur pêche (coquilles vides et huîtres) dans le port, les tas de chaque bateau étant triés à marée basse par les femmes. Les huîtres sauvages pouvaient devenir énormes et s’appelaient alors pieds de cheval11.

Avant la seconde guerre, les bateaux allaient à la voile puis ils furent remplacés par des bateaux de pêche (chalutiers et canots) à moteur. Chaque jour, le bateau des Affaires Maritimes surveillait la pêche limitée en temps, en général de 6h du matin à 18 h. L’histoire de la Caravane ayant eu lieu un dimanche de Pâques a fait l’objet d’un roman de Roger Vercel : La caravane de Pâques12.

Les bateaux ostréicoles sont aujourd'hui de grands chalands à fond plat en aluminium.