Beaugency

Beaugency Loiret Centre

Beaugency est une commune française située dans le département du Loiret et la région Centre.

La commune est située dans le périmètre du Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO2 et possède le label Les Plus Beaux Détours de France

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Géographie

La ville est située sur la rive droite de la Loire à 26 km en aval d'Orléans, 32 km en amont de Blois et à 142 km au sud-ouest de Paris.

Elle appartient à l'unité urbaine de Beaugency et à l'aire urbaine d'Orléans.

Histoire

Préhistoire

Le site de Beaugency a connu une occupation humaine précoce. La butte des Hauts-de-Lutz, à l'ouest de la ville actuelle, a révélé un atelier moustérien datant de l'époque de l'homme de Néandertal. La cité semble avoir été fréquentée assidument par les chasseurs-cueilleurs de l'épipaléolithique qui ont laissé les traces de leur intense activité de taille dont les caractères constituent le facies « beaugencien »5.

Antiquité

Des traces d'occupation gauloise ont été notées dans ce même lieu. Pourtant, la ville, dont le nom latin Balgenciacus révéle l'existence d'un domaine rural gallo-romain, s'est développée plus à l'est, à proximité immédiate de la Loire, sur un site d'éperon qui signe sa fonction militaire initiale5.

Moyen Âge

Des monnaies du premier tiers du Xe siècle mentionnent un Balgenci-castrum ou castellum qui caractérisent une ville forte ou une forteresse carolingienne5.

La dynastie des seigneurs de Beaugency apparaît au début du XIe siècle dans l'orbite de celle des comtes de Blois dont ils sont alors les vassaux. Leur forteresse constituera un important point de résistance contre les tentatives d'empiètement des rois de France dont le domaine jouxte la terre de Beaugency, jusqu'à ce que Philippe le Bel se rende acquéreur du lieu en 1292.

Sous l'autorité des sires de Beaugency, la cité connut un essor remarquable, lisible dans l'accroissement de la localité dans un triple système d'enceintes. La dernière enceinte d'enveloppement fut édifiée entre 1118 et 1130 et intégra un espace de plus de vingt hectares dont la ville ne sortit pas avant le XXe siècle. La construction d'un pont sur la Loire, attesté dès le début du XIIe siècle, constitua un atout considérable qui permit le développement d'une économie d'échange fructueuse. La renommée des seigneurs locaux fut telle que Beaugency fut choisi pour accueillir deux conciles relatifs aux démêlés matrimoniaux de deux rois de France : en 1104,le roi Philippe Ier fut sommé - sans succès - de se séparer de son épouse illégitime Bertrade de Montfort. Puis, en 1152, le roi Louis VII le Jeune obtint l'annulation de son mariage d'avec Aliénor d'Aquitaine6

Beaugency, par sa position de forteresse sur la Loire, fut une ville souvent contestée. Elle fut notamment un enjeu dans les combats de la Guerre de Cent Ans. Jeanne d'Arc libéra la ville de l'occupation des Anglais durant sa campagne de Loire, au cours de la bataille de Beaugency juste avant sa victoire à Patay le 18 juin 14295.

Légende de la Maille d’or

La légende rapporte que vers l'an 850, Simon Ier de Beaugency était atteint d'une maladie grave, qu'il allait mourir lorsqu'un matin, il sentit une odeur douce et agréable qui s'était répandue dans la ville et, qu'à l'instant, il fut guéri. Quelques jours plus tard, il apprit que le jour même de sa guérison « miraculeuse » le clergé d'Amiens avait trouvé les restes de saint Firmin et que, à cette occasion, une odeur douce et agréable s'était répandue sur Amiens. Simon fut convaincu que sa guérison était liée à la découverte des restes de Saint Firmin.

Simon Ier fit don de sa seigneurie au clergé d'Amiens qui le laissa en gérance à ses descendants à la condition que le sire de Beaugency vienne rendre hommage à Amiens chaque année et verse une « Maille d'or » (pièce d'or) destinée à financer des étudiants d'Amiens. Si le sire de Beaugency ne versait pas la « Maille d'Or », les étudiants d'Amiens étaient en droit de venir à Beaugency pour la réclamer en se faisant d'ailleurs loger et nourrir aux frais de la ville jusqu'à ce que cette fameuse « Maille d'or » fût versée.

Au XVIe siècle, Calvin, alors étudiant en théologie à Amiens, est venu à Beaugency avec d'autres étudiants réclamer le versement de cette « Maille d'Or ».

L'une des principales rues de Beaugency s'appelle aujourd'hui la rue de la Maille d'Or.

Époque moderne

À la fin du XVIe siècle, durant les Guerres de Religion,la ville fut à plusieurs reprises le siège de violents combats entre troupes adverses. Les Huguenots incendièrent l'ensemble des édifices religieux en 1568. Quatre ans plus tard, ils furent les victimes des massacres de la Saint-Barthélémy.

En 1562, la ville est prise et pillée par les protestants, les femmes violées7.

La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Beaugency le 24 août, et le massacre des protestants s’y répète8.

Époque contemporaine

Une importante église paroissiale de Beaugency, dont la nef s'est effondrée au XIXe siècle, portait le nom de Saint-Firmin. Il en reste aujourd'hui le clocher typique qui donne la silhouette caractéristique de la ville. Celui-ci renferme un carillon qui joue trois fois par jour l'air du Carillon de Vendôme. Cette chanson dont on ne connait plus qu'une strophe remonte à la période la plus noire de la Guerre de Cent Ans où le royaume de France était réduit à la portion congrue9.

La ville fut un chef-lieu de district de 1790 à 179510.

En 1846, le chemin de fer arrive à Beaugency ce qui constitue une révolution pour une ville qui était un relais de voitures de postes très important, 350 personnes travaillant à l'entretien des chevaux et des relais doivent se reconvertir.

À la suite du débarquement des Alliés en Normandie le 6 juin 1944, des divisions allemandes dont « Das Reich » qui étaient stationnées au sud de la Loire font mouvement vers le nord à la rencontre des troupes Alliées. Pour arrêter cette progression, les Alliés décident de bombarder tous les ponts sur la Loire. Le bombardement du pont de Beaugency intervient le 16 juin 1944. Les bombardiers américains ne font que de légers dégâts au pont, mais la ville est gravement touchée, 64 morts civils sont recensés. Un habitant de Beaugency, agriculteur, voyant cette catastrophe et comprenant que les bombardiers américains vont revenir pour finir le travail décide de faire sauter la première arche du pont avec de l'explosif agricole. La première arche du pont est la plus large, la plus fragile, car elle devait laisser le passage aux bateaux tirés par des équipages sur le chemin de halage. L'arche est détruite, les avions de reconnaissance américains constatent que le pont est impraticable pour le passage d'une division blindée. Le bombardement ne sera pas renouvelé.

Le 16 septembre 1944, c'est la reddition de la colonne Elster, commandée par le général Botho Henning Elster, qui, remontant du sud-ouest, se rend au général Macon, commandant du 83e division d'infanterie américaine, en présence de représentants de la 2e division blindée française. Le général Elster, après des combats contre la résistance intérieure française, avait eu des contacts avec le maquis du nord de l'Indre et annoncé son intention de se rendre car il était convaincu qu'il ne pouvait rentrer en Allemagne. Mais il voulait que sa division soit désarmée par des troupes régulières. Les 18 850 soldats et 754 officiers de la division Elster sont désarmés à l'entrée sud du pont.

Le général Macon avait organisé une « prise d'armes » lors de cette reddition11. Les représentants de la Résistance avaient fort peu apprécié la cérémonie consécutive à leur victoire dont ils avaient l'impression qu'elle leur avait été « volée »12.

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