Cancale Ile et Vilaine Bretagne

Cancale est une commune française, située dans le département d’Ille-et-Vilaine et la région Bretagne. Elle est réputée, depuis les temps anciens, pour ses huîtres plates sauvages des bancs naturels existant en eau profonde et plus récemment (vers 1950) pour ses huîtres creuses d'élevage.

Ses habitants, les Cancalais et les Cancalaises, étaient 5 341 en 2008.

Fichier:France Cancale bordercropped.jpg

Cancale se situe à l’extrémité ouest de la baie du mont Saint-Michel, sur les côtes de l’Ille-et-Vilaine (côte d’Émeraude), à quinze kilomètres à l’est de Saint-Malo. La baie de Cancale est délimitée par la pointe des Roches Noires au sud et la pointe des Crolles au Nord.

Histoire

Une présence humaine est attestée sur la côte cancalaise dès le paléolithique moyen. Il subsiste également des traces de présence gauloise (ferme de la Ville es Péniaux) et gallo-romaine (villas gallo-romaines, pesons de pêche)1. Selon le texte hagiographique et en partie légendaire Vita Meveni écrit vers 1084 par le moine Ingomar, Saint Méen parti du Pays de Galles aurait débarqué dans la baie du Mont Saint-Michel pour fonder Konkaven (ancien nom de Cancale, du breton konk signifiant baie, anse et aven, la rivière, probablement le Guyoult se jetant entre la pointe du Grouin et l’île des Landes, au nord de Cancale, ce passage se nommant en effet « chenal de la Vieille Rivière »2) vers 545 puis évangéliser l'Armorique, d'où l'existence d'une pierre portant ses empreintes de pied3 et d'une fontaine aux pouvoirs miraculeux (guérision contre ergotisme, rachitisme, folie, maladies de la peau telle l'impétigo appelé localement « mal de saint Méen ») issue d'une source dans la grève de "Val ès Porcons"4 en contrebas de l'ancienne église de saint Méen5.

L'expansion viking se retrouve dans des toponymes empruntés au vieux norrois tels mielle, port de la Houle, pointe du Hock1. Selon Ogée, Les Normands auraient ravagé Cancale et le pays de Dol en 996 : l'église cancalaise de Port-Pican ayant été pillée, débute la construction de l'église Saint-Méen-de-Judicaël à l'emplacement de l'église paroissiale actuelle6. Le nom Konkaven évolue en Cancaven que l’on retrouve pour la première fois dans une charte du duc Alain III de Bretagne en 1032, puis en Cauncall en gallo 7.

Cancale est réputé dès le XIe siècle pour ses marins engagés dans la « grande » pêche à Terre-Neuve sur les morutiers de Saint-Malo mais aussi de Cancale, puisque existaient des chantiers de construction de navires sur le port de la Houle (les derniers terre-neuviers construits dasn ces chantiers quitteront le port après la grande grève des marins de 1911). De retour de leur campagne de pêche, les terres-neuvas pratiquent alors d'octobre à mars la pêche côtière, le maraîchage ou le ramassage des huîtres. François Ier accorde en 1545 au bourg de Cancale (jusque là, il s'agissait d'une simple paroisse ressortissant du siège royal de Dinan) par lettres patentes le titre de « ville » à part entière pour sa qualité de fournisseur d'huîtres plates de la table royale, les échevins de Paris ayant passé un contrat pour être livrés deux fois par semaine. Le roi Henri II accorde à la ville le privilège de tirer le papegai8.

Cancale est le port d’où partent en 1612 les navires de Daniel de La Touche, seigneur de la Ravardière, pour le Brésil : la Régente, la Charlotte et la Sainte Anne. Daniel de La Touche fut le fondateur de la ville de São Luis dans le Maranhão au Brésil9.

De nombreuses tentatives de débarquement de la part des Anglais, dans le but d’attaquer Saint-Malo par la terre, ont lieu notamment en 1758, 1779 (un boulet réputé tiré par un bateau anglais ornant le petit jardin du presbytère), d'où la construction sur des plans de Vauban du fort des Rimains qui constitue la forteresse en mer la plus puissante de la région à cette époque10 (le fort sur l'île des Rimains étant racheté et restauré par le boulanger Lionel Poilâne).

La Caravane

Plus de cent millions d'huîtres plates étant chaque année extraites de la baie, Louis XIV publie en 1787 une ordonnance réglementant le dragage des huîtres pour éviter l'épuisement du gisement naturel : chaque printemps autour de la période de Pâques, les bisquines, surtoilées pour avoir suffisamment de puissance, avaient le droit d’aller draguer les huîtres pendant environ quinze jours. Dès le signal des gardes, une flotille de 200 bisquines se mettait en route, ce spectacle était appelé la caravane. À marée haute, elles venaient décharger leur pêche (coquilles vides et huîtres) dans le port, les tas de chaque bateau étant triés à marée basse par les femmes. Les huîtres sauvages pouvaient devenir énormes et s’appelaient alors pieds de cheval11.

Avant la seconde guerre, les bateaux allaient à la voile puis ils furent remplacés par des bateaux de pêche (chalutiers et canots) à moteur. Chaque jour, le bateau des Affaires Maritimes surveillait la pêche limitée en temps, en général de 6h du matin à 18 h. L’histoire de la Caravane ayant eu lieu un dimanche de Pâques a fait l’objet d’un roman de Roger Vercel : La caravane de Pâques12.

Les bateaux ostréicoles sont aujourd'hui de grands chalands à fond plat en aluminium.

Pascal PETITPAS sur Google+

tourisme Vacances écotourisme gastronomie séjours sortirs loisirs rencontre visite histoires Bretagne Ile et Vilaine Cancale

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau