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Belle île en mer Morbihan Bretagne

Belle-Île-en-Mer est une île française de l’océan Atlantique située dans le département du Morbihan en Bretagne sud. Les habitants de l’île se nomment les Bellilois et les Belliloises.

Fichier:Depart navettes palais.jpg

Histoire

Préhistoire

La trace de la présence de l’homme au Paléolithique moyen a été révélée par la découverte d’un biface mousterien à Kergoyet en 1991.

Belle-Île a été définitivement séparée du continent, vers - 7000, lors de la transgression « flandrienne ».

La permanence de son occupation, est attestée dès le Mésolithique par de nombreuses découvertes de mobilier, outils, armes et bijoux conservés au musée archéologique de la Société polymathique du Morbihan, à Vannes et au Musée de Préhistoire de Carnac6. Des sites d’habitat du Néolithique ont été mis au jour à Kerdonis, au Skeul, Kerzo et Deuborh.

Dans les tourbières de Ster Vraz (Sauzon), un crâne humain datant du Néolithique fut découvert au début du XIXe siècle par le botaniste Émile Gadeceau : il est conservé au musée Dobrée à Nantes.

Mégalithes, tumulus et tombeaux

Sur la série de menhirs qui formaient un alignement unique traversant l’île dans sa longueur et dont la présence est attestée en 17017, seul trois sont encore visibles (Menhirs de Kervarigeon, Jean, ci-contre, et Jeanne de Kerlédan) : les autres ont été détruits, certains découpés en pierre de taille pour le bâtiment. En 1989, MM. O. Kayser et Batt archéologues de la DRAC de Bretagne, ont mis au jour un quatrième menhir, isolé, marquant une tête de vallon au port de Borderun.

Des nombreux tumulus que l’on pouvait voir sur l’île jusqu’au milieu du XIXe siècle siècle il ne reste que le tumulus de Borderune encore visible : ceux de Kerdavid, Borvran, Kervarigeon sont très arasés. Celui de Runello, un des plus imposant de la région, a été rasé vers 1830 pour en récupérer les pierres.

À l’Âge du bronze, le nombre de sépultures (tumulus de Bordelane, Lanno) traduit une augmentation de la population ; c’est sans doute la conséquence du développement de la navigation propre à cette période : Belle-Île se trouvait en position stratégique sur les routes maritimes. Durant l’Âge du fer, sur la Côte Sauvage, plusieurs éperons barrés, déjà occupés au Néolithique, sont fortifiés. Le plus important (5 hectares), nommé localement « Le camp de César », se trouve sur la presqu’île du Vieux Château au Nord-Ouest de l’île. Plusieurs dépôts de fondeurs ont été mis au jour, dont un des plus importants d’Europe, conservé au musée de préhistoire à Carnac6.

Un ensemble de tombelles, visible dans les landes de Bordelane, est estimé de la période de la civilisation des champs d’urnes (Bronze final, début Âge du Fer soit vers le Xee siècle av. J.-C.).

Antiquité

À l’époque celte, elle est la plus grande et la plus au large des 365 îles (dit la légende) de l’archipel du Morbihan (petite mer) où prospère le peuple navigateur des Vénètes. Les traces encore visibles d’éperons barrés (opidium) ayant servi de camps aux armées vénètes démontre l’intérêt stratégique que Belle-Île pouvait alors représenter.

On y a découvert des monnaies (statères Vénètes) et des tuiles datant de l’époque gallo-romaine. À la chute de l’Empire romain commence, comme en Bretagne, la colonisation par les bretons venus d’Outre-Manche.

La colonisation monastique

Au IXe siècle, Belle-Île appartient au comte de Cornouaille (en Bretagne). Au centre de l’île, à l’emplacement de l’actuelle commune de Bangor, une communauté monastique probablement crée par des moines provenant de l’abbaye galloise de (en) Bangor (Flintshire, Pays de Galles) y est établie depuis le VIe siècle. Le comte de Cornouaille, pour relever l’île dévastée par les invasions des Vikings qui en ont chassé la totalité de ses habitants, la confie aux Bénédictins de Redon : ils y établissent un prieuré au même lieu que leur prédécesseurs gallois (Le lieu est occupé aujourd’hui par le camping municipal de Bangor). Les moines mettent en œuvre à Gwedel un programme rationnel de colonisation et de mise en valeur : l’île est divisée en quatre paroisses, et leurs territoires allotis en propriétés d’un peu plus de vingt hectares qui sont attribués à une famille et dont les contours resteront stables jusqu’au XVIIIe siècle, formant plus de 150 villages disséminés.

L’île change à nouveau de tutelle en 1029 : le comte de Cornouaille Alain Canhiart confie l’île à l’Abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, qu’il vient de fonder. Domaine appartenant à un ordre relevant du Pape, Belle Isle se trouvait juridiquement donc dépendre ni l’évêché de Vannes ni du duché de Bretagne mais directement de la Curie romaine par une sorte d’extra territorialité insulaire. La gestion de l’île est déléguée à un prévôt qui dispose du pouvoir spirituel et temporel (droit de basse, moyenne et haute justice qui s’exerce tantôt à Belle-Île tantôt à Quimperlé). En 1408, la justice n’est plus exercée qu’à Quimperlé ; deux officiers sont désignés par l’abbé de Quimperlé : l’ « official » gère le spirituel et le « commandant » a en charge le temporel de l’île ainsi que la défense des côtes.

L’île est constamment la cible, à cette époque, de pirates des régions voisines (Saintonge, Charente) ou de pays plus lointains (Hollande, Angleterre), et les moines qui ont construit une première citadelle à Palais, s’avèrent incapables de repousser ces pillages. Cependant, le principal intérêt de Belle-Île pour les pirates et les flottes ennemies du royaume est d’ordre purement stratégique : Belle-Île est une des rares îles du littoral atlantique français permettant aux navires ennemis de s’avitailler aisément en eau potable. Ceux-ci évitent ainsi un débarquement, toujours risqué, sur le continent. Cet intérêt hautement stratégique n’échappe pas à Vauban qui, au XVIIe siècle, fait construire spécialement une aiguade en bordure de mer, au pied de la citadelle du Palais. Il s’agit d’un poste d’avitaillement en eau potable, équipé d’un réservoir captant des eaux de source, ainsi que d’un quai d’accostage pour les citernes flottantes chargées du transport de l’eau vers les bateaux au mouillage dans la rade. L’eau en y était ensuite pompée pour remplir les pièces à eau rangées dans les cales des navires8.

Le Marquisat

En 1548, le roi Henri II décide d’entreprendre sa fortification et sa mise en défense. Il faut transporter sur l’île des pierres de granit venant d’Auray et malgré les injonctions royales, les fortifications avancent lentement. Les moines opposent l’insuffisance des richesses de l’île pour financer des travaux aussi importants.

Belle-Île est encore pillée, cette fois par les Espagnols en 1567.

En 1573, durant les Guerres de Religion, l’île est occupée par Gabriel de Montgomery, chef militaire protestant. Réfugié en Angleterre, il vient soutenir Coligny. La garnison de Montgomery est chassée par une escadre armée par Albert de Gondi, duc consort de Retz. Belle-Île est alors érigée en marquisat en 1573 et concédée par le roi à ce riche gentilhomme venu d’Italie guerroyer pour le Roi et favorisé par Catherine de Médicis.

Belle-Île est désormais le siège d’une sénéchaussée. Les Gondi commencent la réédification d’une forteresse à Palais et de différents ouvrages de guet sur les côtes. L’île connaît une certaine tranquillité et une certaine prospérité grâce à ce chantier. Mais les finances des Gondi qui ont de lourdes charges, ne suffisent plus.

Son petit neveu et héritier, Paul de Gondi, cardinal de Retz, frondeur persécuté par Louis XIV et Mazarin, vint se réfugier à Belle Isle au cours de l’été 1654 après son évasion de la prison de Nantes. Au cours de la rocambolesque cavalcade qui s’ensuivit, il dut se résoudre, en 1658, à vendre l’île pour un million quatre cent mille livres à Nicolas Fouquet, armateur issu d’une très riche famille alliée des principaux parlementaires bretons et devenu surintendant des finances en 1653. Fouquet acheva les fortifications et construisit une jetée et des entrepôts. Belle Isle devient alors pour quelques années, avec une dizaine de navires, le principal centre d’armement du commerce avec l’Espagne et les Indes. En 1660, Fouquet achète la charge de Vice Roi des Amériques et promet un développement avec le Nouveau Monde par ses participations aux compagnies maritimes, notamment dans le commerce des peaux de Nouvelle France.

L’île abrite alors deux cents hommes au service de l’entreprise de Fouquet9 mais celui-ci est arrêté le 15 septembre 1661 par un complot préparé par Colbert avec l’aide de son cousin Colbert du Terron venu enquêter sur place. Le projet d’extension du port est stoppé. L’île fut confisquée, comme toutes les libertés bretonnes le seront, par Louis XIV venu à Nantes et le commerce maritime ruiné, comme à peu près le royaume dans son entier, par les guerres du Grand Roi avec les autres nations. Au terme d’un interminable procès qui fit scandale tant la procédure fut dévoyée, Fouquet est condamné en 1664 au bannissement hors du royaume et à la confiscation de ses biens, peine commuée par le Roi en détention à perpétuité. À la mort du ministre déchu, en 1680, sa veuve et ses enfants désargentés conservent naturellement la seigneurie, mais Louis XIV s’arroge le droit de mettre l’île en défense, laquelle sera assurée directement. Il s’agit d’une expropriation de fait par l’armée.

Toutes les compétences ayant été étouffées par la monarchie absolue, la ferme du tabac étant même confiée à une favorite, le commerce triangulaire avec les plantations de Saint-Domingue fut un échec jusqu’à ce que la Régence restaure un peu de liberté et qu’une reprise commerciale soit tentée en 1720. Si les bourgeois de Saint-Malo, Lorient, Nantes, La Rochelle, Bordeaux et Bayonne profiteront de ce regain, la prospérité, faute de nouvel investisseur sérieux, ne reviendra jamais à Belle Isle réduite à un rôle militaire, d’autant que c’est la ville nouvelle de Lorient que Colbert choisit pour l’implantation de la Compagnie française des Indes orientales.

La place royale

Vauban est dépêché à Belle-Île en 1683 pour vérifier l’état des fortifications. Au Palais, il constate que l’emplacement choisi pour la forteresse n’est pas approprié car il est dominé par plusieurs positions alentour. Il porte un regard sévère sur les précédents concepteurs et constructeurs de la citadelle10. Le déménagement de la citadelle sur l’autre rive qu’il propose est trop cher, et il doit se contenter de déplacer le village et l’église du Haut-Boulogne qui se trouvent à proximité afin de créer un glacis et de renforcer la citadelle existante. Mais les principales améliorations demandées par Vauban ne seront pas réalisées : construction d’une enceinte entourant la ville de Palais, construction de défenses suffisantes le long de la plage des Grands Sables qui constitue un lieu de débarquement idéal.

Fichier:Belle Ile Vauban.jpg

En 1686, les troupes de la coalition anglo-hollandaise tentent de débarquer sur la plage des Grands Sables mais sont repoussés. Un stratagème, qui fait croire que l’île est défendue par des troupes nombreuses, dissuade les assaillants de poursuivre leurs tentatives de débarquement.

En 1718, l’île est rachetée au petit-fils de Nicolas Fouquet et est rattachée directement au domaine royal. En 1720, l’île est confiée à la Compagnie des Indes : le Palais et Sauzon deviennent des ports francs. Les malversations qui s’ensuivent conduisent le roi à confier l’île à des fermiers généraux jusqu’en 1759 puis à compter de cette date à la province de Bretagne.

Durant la guerre de Sept Ans, Belle-Île est un enjeu stratégique important car elle est essentielle à l’avitaillement en eau potable de la flotte française. Les Britanniques s’emploient donc activement à la contrôler afin de menacer l’estuaire de la Loire et la ville de Nantes. La bataille navale des Cardinaux (à l’Est de Hoedic) leur assure la suprématie dans les eaux locales. En 1761, les Britanniques débarquent dans l’île sur la plage des Grands Sables. Des redoutes sont rapidement construites sur les hauteurs du Palais mais n’arrivent pas à contenir les attaquants qui installent leurs batteries de canons sur les hauteurs et protéger leur approche, selon le scénario qui avait motivé les demandes (refusées) d’extension des fortifications par Vauban. Au bout de trois semaines, l’enceinte principale ayant été battue en brèche par des navires anglais, le gouverneur de la citadelle doit se rendre, mais avec les honneurs de la guerre. Les Anglais occupent l’île jusqu’au traité de Paris en mai 1763 qui consacre la domination britannique sur les mers : les Britanniques restituent Belle-Île contre l’île de Minorque que les Français leur avaient pris. Le commandant anglais, le major Crawford[Qui ?], se voit remercier par le roi Louis XV pour la douceur avec laquelle il a gouverné ses sujets et gratifier d’un domaine à son nom sur l’île, érigé pour lui en domaine noble, où il reviendra plusieurs fois séjourner.

À partir de 1765, 78 familles (un peu plus de 300 personnes) d’Acadiens réfugiés du « grand dérangement » de 1755 s’installent à Belle-Île11. C’est l’occasion d’une grande entreprise de révision foncière appelée afféagement et de la levée d’un cadastre, un des seuls qui soit antérieur au cadastre napoléonien. Pour faciliter le redressement de l’île et encourager les volontaires bellilois, ainsi que les réfugiés à cultiver la terre, des concessions valant titre de propriété sont attribuées à chaque famille : dix hectares de terres labourables, une maison d’un modèle uniforme, une aire à battre, une grange, des semences, des ustensiles et un pécule. Le résultat de cette politique est mitigé: la moitié des Acadiens ne s’adapteront pas et repartiront vers différentes régions de France ou vers la Louisiane, rejoindre leurs familles, les Cadiens, qui y avaient été déportées.

Malgré ces départs, la population continue de croître d’un millier d’habitants jusqu’à la Révolution. Une grande parties des anciennes familles belliloises encore présentes sur l’île aujourd’hui, possèdent des acadiens dans leur généalogie.

Durant la Révolution française, l’île est un enjeu important dans la lutte contre les Britanniques mais ne sera jamais attaquée. Ses fortifications sont à l’époque, et ce jusqu’en 1870, régulièrement modernisées.

Le 30 novembre 1870 le ballon monté Jules-Favre No 2 s’envole de la gare du Nord à Paris alors assiégé par les prussiens et termine sa course à Belle-Île-en-Mer après avoir parcouru 548 kilomètres12.

Le « bagne pour enfants »

Dès 1902, le Ministère de la Justice établit sur la Haute-Boulogne, une colonie pénitentiaire pour mineurs « délinquants » avec une école de matelotage : un bateau avec son ancien gréement était placé au milieu de la cour, mais les détenus ne sortaient pas en mer. Rapidement, le domaine de Bruté est acheté et transformé en « centre d’apprentissage agricole » et aussi de mécanique diesel, ce qui permet d’augmenter la capacité d’accueil des enfants et de diversifier leur formation. Une célèbre révolte des enfants en 1934, fait connaître au monde entier les conditions de détention qui furent améliorées, mais la colonie13 ne fut définitivement fermée qu’en 1977.
Jacques Prévert14 et Marcel Carné (La Fleur de l’âge) ont rendu un hommage aux jeunes héros de cette période de l’histoire de Belle-Île.
Les bâtiments de la Haute-Boulogne (Le Palais), en partie rénovés, sont occupés à l’heure actuelle (2009) par différentes structures associatives (Maison des associations, théâtre Vindilis, Espace Jeunesse). Un des bâtiments sert de logement aux détenus en « chantiers extérieurs pénitentiaires » 15.

Lieux remarquables de Belle-Île

  • La citadelle Vauban à Palais, membre du Réseau des sites majeurs de Vauban.
  • L’enceinte urbaine fortifiée de Palais, la seule du XIXe siècle qui a subsisté dans son état d’origine.
  • Les Aiguilles de Port-Coton, immortalisées par le peintre Claude Monet, qui ressemblent au Sphinx, au buste de Louis XIV, au Mont Saint-Michel, etc.
  • La grotte de l’Apothicairerie. Large grotte marine, traversant de part en part une pointe rocheuse, surnommée ainsi à cause des nombreux nids d’oiseaux, alignés le long de ses parois, faisant penser à des pots de produits pharmaceutiques, comme ceux qui ornaient les échoppes des « apothicaires » autrefois. Ces nids ont disparu aujourd’hui, les oiseaux nichant là ont été décimés par une chasse « touristique » dont ils faisaient l’objet à la fin du XVIIIe siècle : on y amenait les touristes en barque depuis Sauzon, arrivés dans la grotte ceux-ci s’amusaient à y tirer des coups de fusils et à voir voler, affolés, les oiseaux qui y trouvaient refuge.
  • Le port de Sauzon avec les façades de ses maisons modestes aux façades et aux volets colorées
  • Le phare de Goulphar
  • La pointe des Poulains, promontoire de l’île face aux vents dominants28
  • Les sentiers côtiers qui font le tour de l’île et permettent de longer les falaises de la côte sauvage (compter une bonne semaine de marche)
  • Les nombreuses plages, particulièrement celle des Grands sables
  • Le golfe, aménagé au milieu des landes, tire parti d’une côte découpée dont les caps offrent une vue surplombante sur l’Océan. Juste à côté,
  • Le fort de Sarah Bernhardt à la pointe des Poulains, il a été racheté et rénové par le Conservatoire du littoral29.
  • La grande plage de sable fin de Donnant (en photo) et ses rouleaux est une plage appréciée des surfeurs.
Pascal PETITPAS sur Google+

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