Basse-Normandie

Abbaye du Mont-Saint-Michel Manche Normandie

L’abbaye du Mont-Saint-Michel se trouve sur la commune française du Mont-Saint-Michel2, en Normandie, dans le département de la Manche.

L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 18621. Le site figure depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au sein du mont Saint-Michel et de sa baie et est géré par le Centre des monuments nationaux (administrateur : Jean-Marc Bouré)3.

Avec plus de 1,335 millions de visiteurs par an en 2010, l'abbaye fait partie des premiers sites culturels visités en France4.

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Histoire primitive du Mont

Antiquité

Le Mont même était peut-être un lieu de cultes druidiques pour les Abrincates qui habitaient la région autour du mont Saint-Michel et l'Avranchin. Selon l’historien Gilles Deric (1726-1800), le rocher était dédié au dieu gaulois du soleil sous le nom de Mons vel Tumba Beleni : mont ou tombe de Belenos, hypothèse aujourd'hui abandonnée, puisqu'aucun niveau d'occupation antique n'a été mis au jour et que Tumba Beneni est certainement une cacographie pour Tumbellana, Tombelaine.

La voie construite à l'époque romaine qui passait à l’ouest du Mont Tombe dut, avec l’envahissement de la mer, être déplacée vers l’est pour finir par disparaître en se fondant avec la voie passant par Avranches.

Début de l’ère chrétienne

Le récit en partie légendaire et miraculeux de la fondation chrétienne de l'abbaye est issu d'un texte en latin de la Revelatio ecclesiae sancti Michaelis in monte Tumba6 rédigé par un chanoine du Mont-Saint-Michel ou de la cathédrale d’Avranches au IXe siècle. Ce texte de circonstance s'inscrit dans le contexte de lutte de pouvoir entre la Bretagne et le Comté de Normandie avec le royaume franc ainsi que des réformes canoniques entreprises par les empereurs carolingiens7.

À l’avènement du christianisme dans la région, aux alentours du IVe siècle, le Mont Tombe fait partie du diocèse d’Avranches, dont les limites correspondent avec l'ancien territoire des Abrincates. Au milieu du VIe siècle, le christianisme s’implante véritablement dans la baie. À cette époque, le Mont Tombe offre un abri à de pieux solitaires, ermites (probablement des moines celtes) approvisionnés par le curé d’Astériac, qui veillent sur le site et mènent une vie contemplative autour d'oratoires. Les ermites Saint Pair et saint Seubilion en fondent un dédié au premier martyr chrétien, saint Étienne, élevé à mi-hauteur du rocher et un second en l’honneur du premier martyr d'Autun, saint Symphorien, élevé au pied du rocher8.

Le Mont-Saint-Michel quitte, en 710, son appellation de Mont-Tombe pour prendre celui de Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer à la suite de l’édification, par l’évêque saint Aubert d’Avranches, d’un oratoire dédié à l’archange saint Michel en 708. Aubert aurait reçu, au cours de son sommeil, trois fois l’ordre de Saint-Michel de faire ériger sur le Mont-Tombe un oratoire. L’archange aurait laissé la trace de son doigt sur le crâne d’Aubert. Ce crâne repose dans la basilique Saint-Gervais d'Avranches et porte les traces d’un tel stigmate.

Le sanctuaire doit être, selon les prescriptions de l’ange, une réplique du sanctuaire de Saint Michel au Mont-Gargan (it) en Italie (Ve siècle). Aubert fait arracher une pierre cultuelle païenne présente sur le Mont Tombe et construit à la place un sanctuaire circulaire formé de morceaux de roc grossièrement empilés. En 708 environ, Aubert envoye deux moines chercher au sanctuaire italien du Mont-Gargan des reliques du lieu (une pierre où il aurait laissé l’empreinte de son pied et un morceau de son voile sur l'autel qu'il avait consacré). C'est au cours de cette mission que le raz de marée de mars 709 aurait englouti la forêt de Scissy et entouré le mont pour en faire une île. Puis selon la Tradition montoise remontant au XIe siècle, l’évêque fait la dédicace de l’église le 16 octobre 709 et y installe un chapitre de douze chanoines. Le Mont-Saint-Michel était né.

Les restes de l’oratoire ont été retrouvés dans la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre9. Ce sanctuaire est une chapelle reliquaire qui abritait le tombeau du fondateur, Aubert et certainement les reliques insignes ramenées du Mont-Gargan. La chapelle Notre-Dame-Sous-Terre est aujourd’hui sous la nef de l’abbatiale.

Les premières constructions se révèlent insuffisantes et à l’époque carolingienne, d’importants bâtiments sont élevés, autour desquels se répartissent les cellules individuelles des religieux. Charlemagne ayant choisi saint Michel comme protecteur de son empire au IXe siècle, il tente de fixer le nom de Mont-Saint-Michel mais pendant tout le Moyen Âge il est plus souvent appelé Saint-Michel-aux-Deux-Tombes (Mons Sancti Michaelis in periculo maris, en référence à Tombelaine)10.

Histoire de l’abbaye

La collégiale Saint-Michel au IXe et Xe siècles

Les chanoines du Mont-Saint-Michel se montrèrent, durant le premier siècle de leur institution, fidèles à la mission qui les avait attachés au culte de l’archange saint Michel : leur montagne devint à la fois un lieu de prière et d’étude, mais l’ère de stabilité connue par la Neustrie durant le règne de Charlemagne laissa place, à la mort de cet empereur, à une période de grands désordres. Tandis que le reste de la Gaule subissait les invasions barbares, la religion et la science trouvaient refuge et asile dans le diocèse d'Avranches, et surtout au Mont-Saint-Michel. Profitant de la désunion des petits-fils de Charlemagne, les raids et incursions des Vikings, précédemment contenus, reprirent une nouvelle vigueur.

Les évènements de cette sombre époque ne suspendirent pas d’abord les pèlerinages dont ce roc vénéré était devenu le centre. Les vikings atteignirent le Mont en 847. Le redoublement de calamités, que les invasions infligèrent à la Neustrie tout entière, força les religieux à quitter le Mont qui ne resta pas cependant désert. Sa position, au milieu des palus maritimes, l’offrait comme un asile aux populations cherchant refuge contre les hommes du nord.

À la signature du traité de Saint-Clair-sur-Epte, le premier soin de Rollon fut de réparer, par de magnifiques bienfaits, la désolation qu’il avait fait essuyer aux lieux de culte. Le Mont-Saint-Michel fut un des établissements religieux qu’il dota de ses largesses, durant les six jours qu’il passa sous les blancs habits du catéchumène. Ce monastère lui dut la terre d’Ardevon, l’une de ses plus riches propriétés. Là ne s’arrêta pas sa bienveillance pour le Mont : il rappela sous la règle cénobitique les chanoines que la guerre en avait éloignés, et leur confirma leurs dotations anciennes. Ce refuge tumultueux redevint un lieu de prières, même cette restauration ne produisit pas l’effet que ce prince avait pu s’en promettre.

Le relâchement des mœurs, où le désordre des temps avait plongé les chanoines dans l’existence dissipée des villes, avait trop profondément vicié leur vie pour qu’ils pussent se plier de nouveau à l’abstinence de la vie solitaire. Guillaume Longue-Épée, qui succéda en 927 au premier duc de Normandie, Rollon, poursuivit la politique de restauration des monastères inaugurée par son père, jusqu’à son assassinat en 942, mais les nombreuses possessions dont il les enrichit, ne firent que développer leurs penchants mondains ; les villages de Madray ou Moidrey, Carcey, Mariney, Curey, les Forges, Solinnay, Macey, Dommaney, Scaley, la moitié de Crommerey, Pelton, Vergonçay, Mannay, Saint-Jean-sur-le-Rivage, avec l’église, le moulin, les prés et les vignes ; enfin le village de Mesnil-Rouge, furent ajoutés par la munificence de ce prince aux biens qui, avant les libéralités de Rollon, avaient pu suffire à leurs besoins. Les libéralités des ducs de Bretagne Conan le Tort, mort en 992, et Geoffroy Ier, mort en 1008, leur permirent de se faire ensevelir, au titre de bienfaiteurs, au Mont-Saint-Michel.

Fondation de l’abbaye bénédictine (966)

Le rapide développement des richesses de l’abbatiale Saint-Michel finit par constituer un sérieux obstacle au bon fonctionnement, et même à la vocation religieuse de l’abbatiale. Dotés des moyens de satisfaire leurs passions, les chanoines dépensèrent en plaisirs les richesses provenant de la piété des princes tandis que l’église restait déserte ou n’était fréquentée par des clercs légèrement rétribués. Les nobles du pays cherchèrent à obtenir les bénéfices de la riche abbaye pour mieux les dépenser dans les plaisirs de la table, du monde et de la chasse, où se passa désormais exclusivement leur existence.

Lorsque Richard Ier « Sans Peur », le fils de Guillaume Longue-Épée, lui succéda comme duc de Normandie, il tenta de résoudre le problème en faisant comparaître les chanoines devant lui pour leur reprocher leurs débordements et leur rappeler le caractère saint de l’abbaye. Après s’être efforcé, en vain, de les ramener à la régularité de la vie religieuse, par les remontrances, les prières et les menaces, Richard prit la résolution, après approbation du pape Jean XIII et du roi Lothaire, de les remplacer par un monastère de bénédictins, comme le mentionne l’Introductio monachorum (« l’installation des moines »), traité composé vers les années 1080-1095 par un moine du Mont Saint-Michel qui cherche à défendre la thèse de l’indépendance du monastère à l’égard du pouvoir temporel11.

S’étant rendu à Avranches, suivi d’un nombreux cortège de prélats et de seigneurs et de trente religieux sortis des abbayes normandes environnantes de monastère de Saint-Wandrille, de Saint-Taurin-d’Évreux et de Jumièges, Richard expédia un des officiers de sa cour avec plusieurs soldats au Mont-Saint-Michel, pour notifier ses ordres aux chanoines : se soumettre aux austérités de la vie claustrale en prenant l’habit de saint Benoit, ou quitter le Mont. Seul un accepta, tandis que tous les autres abandonnèrent les lieux, laissant l’abbé Maynard Ier, qui venait de l’abbaye de Saint-Wandrille, y établir la règle bénédictine. Le remplacement des chanoines par des moines bénédictins a lieu en 966, année qui est retenue comme celle de la fondation de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.

Ce sont ces moines qui dotent l'abbaye de l'église pré-romane à double nef de Notre-Dame-sous-Terre puis font construire à partir de 1060 la nef de l'église abbatiale dont la croisée du transept est établie sur le sommet du rocher12.

Un centre de traduction au XIIe siècle

Au XIIe siècle, les bénédictins du Mont-Saint-Michel auraient eu, selon quelques auteurs, une grande influence sur le développement intellectuel de l’Europe en traduisant Aristote directement du grec en latin, à l’époque où d’autres traductions se font à Tolède depuis l’arabe, ou en Italie13.

« (...) la bibliothèque du Mont-Saint-Michel au XIIe siècle comportait des textes de Caton l'Ancien, le Timée de Platon (en traduction latine), divers ouvrages d'Aristote et de Cicéron, des extraits de Virgile et d'Horace... »

— Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Âge, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979, p.18.

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Le Mont-Saint-Michel connaît alors son apogée avec l'abbé de Torigni, conseiller privé du duc de Normandie, Henri II d'Angleterre12.

XIIIe siècle

En 1204, après la commise pour forfaiture, le roi de France Philippe-Auguste entreprit de s’emparer des fiefs continentaux du duc de Normandie Jean-sans-Terre. Ayant franchi, avec une armée, la frontière de Normandie pour exécuter cet arrêt, son allié, Guy de Thouars, duc de Bretagne, se jeta sur l’Avranchin à la tête d’une troupe de Bretons. Le Mont-Saint-Michel fut le premier point vers lequel se dirigèrent les efforts de Guy de Thouars. Impuissantes à protéger la ville, les palissades, furent emportées d’un choc, la ville fut saccagée et les Montois massacrés, sans considération d’âge ou de sexe, mais l’assaut breton vint se briser contre les fortifications du monastère : après de longs et inutiles efforts, Guy de Thouars, désespérant de se rendre maître d’une enceinte défendue avec désespoir, effectua sa retraite en livrant la ville au feu. Le sinistre se développa avec une telle violence que les flammes, s’élançant vers le sommet du mont, débordèrent sur l’abbaye, dont elles réduisirent presque tous les bâtiments en cendres. Seuls, les murs et les voûtes résistèrent et échappèrent à cet embrasement. Philippe-Auguste ressentit la plus vive douleur de ce désastre, et, voulant effacer les traces de ce malheur, il envoya à l’abbé Jordan une forte somme d’argent destinée à réparer ces ravages. Reconstruit dans le style architectural normand, avec tailloirs des chapiteaux circulaires, écoinçons en pierre de Caen, motifs végétaux, etc., le cloître de la Merveille est achevé en 1228.

Guerre de Cent Ans

Au début du conflit, l’abbaye perd tous les revenus de ses prieurés anglais.

En 1356, les Anglais prennent Tombelaine et commencent le siège de l’abbaye. Peu de temps après, Bertrand du Guesclin est nommé capitaine de la garnison du Mont et remporte plusieurs victoires qui permettent d’écarter la menace anglaise pour plusieurs années.

En 1386, Pierre Le Roy est élu abbé et ordonne la construction de la tour Perrine, de la tour des Corbins et du Châtelet afin de défendre l’entrée du monastère. Après la bataille d'Azincourt, le nouvel abbé, Robert Jollivet, fait construire un rempart pour protéger la ville, ainsi qu’une citerne pour alimenter le Mont en eau douce. En 1419, Rouen tombe aux mains des Anglais. Le Mont est alors la seule ville de Normandie qui résiste à l’occupant. Craignant la puissance anglaise, Robert Jollivet offre ses services au roi d’Angleterre.

Charles VII nomme Jean VIII d'Harcourt capitaine du Mont. Le Mont est le seul site de Normandie résistant encore aux Anglais qui lancent une offensive en 1423 et font un blocus par la terre et la mer.

Le duc de Bretagne était averti, malgré son alliance avec l’Angleterre, des dangers que la possession de ce roc par ce pays représentait pour ses provinces. Sur ses ordres, le sieur Briand III Châteaubriant-Beaufort, son amiral; Guillaume de Montfort, cardinal, et évêque de Saint-Malo, équipèrent secrètement dans ce port plusieurs vaisseaux que montèrent les seigneurs de Combourg, de Montauban, de Chateaubriand, etc., avec un grand nombre de chevaliers et d’écuyers bretons, tous résolus à attaquer les vaisseaux anglais. Cette expédition, armée en secret avec rapidité, fut prête à mettre à la voile sans qu’aucun bruit de ses préparatifs n’eût transpiré. Elle cingla aussitôt vers l’ennemi. Bien que surpris, les Anglais reçurent leur choc avec fermeté, et le combat s’engagea des deux côtés. L’habileté de leurs évolutions navales eût pu même donner quelque avantage aux vaisseaux anglais, si les Bretons, prévenant l’effet de ces manœuvres, ne les avaient abordés et immobilisés avec leurs grappins. À l’issue du corps à corps qui s’engagea alors sur chaque navire, la flotte anglaise fut jetée dans un tel désordre, que tout ce qui put échapper au fer chercha son salut dans une prompte déroute, ou périt dans les flots.(bataille du 16 juin 1425)

Lorsque l’escadre victorieuse vint aborder au Mont-Saint-Michel, les troupes assiégeantes, redoutant une attaque combinée des Montois et des chevaliers bretons, abandonnèrent à la hâte leurs bastilles, laissant toute liberté de ravitailler la place assiégée. À peine les Anglais eurent-ils vu s’éloigner l’escadre auxiliaire qu’ils s’empressèrent de venir relever ses fortifications.

Le Mont-Saint-Michel fut même serré avec plus de rigueur ; toutes ses communications avec la plage furent interceptées et, à chaque marée, la garnison montoise ne pouvait tenter de ravitailler sans que la plage devint le théâtre d’escarmouches sanglantes.

Jean organise une attaque-surprise et combinée d'allié, Jean de la Haye, et des assiégés contre des patrouilles anglaises qui se trouve écrasées (“plus de 200 cadavres restèrent sur place”) après quoi les Anglais se terrent dans leurs forts.

Jean d'Arcourt est tué à la bataille de Verneuil (août 1424) et est remplacé par Jean de Dunois, contesté en 1424. Les religieux du Mont renforcent leurs défenses sur leurs propres fonds. Les Anglais renforcent Tombelaine. Louis d'Estouteville remplace Jean le 2 septembre 1424, et ce dernier retire de la ville les femmes, les enfants et les prisonniers (17 novembre 1424). Tombelaine est encore renforcée. À chaque marée basse, les Anglais y descendent jusqu'aux murailles du Mont. La communication n'est possible qu'au prix d'escarmouches et de combats.

C'est en juin ou juillet 1425 que les Anglais recrutent des combattants, dont Robert Jollivet, y compris à Granville, dont Damour Le Bouffy (qui touche 122 livres pour 30 jours), et font une terrible attaque, qui échoue, contre les Michelistes et les chevaliers bretons14.

En novembre 1425 : d'Estouteville organise une “sanglante leçon de prudence” : une sortie surprise en force qui culbute les Anglais, “le massacre fut horrible”. Les religieux gagent tous leurs accessoires précieux et renforcement leurs fortifications, construisent la porte, la herse et le pont-levis. Charles VII les encourage à la défense et, puisqu'isolés, les autorise à battre monnaie en 1426. Les Anglais se sont calmés jusqu'en 1433.

En 1433, un incendie ayant détruit une partie de la ville, les Anglais en profitent pour attaquer l’abbaye. C'est une grande offensive de Thomas de Scales le 17 juin 1434, par grande marée basse, avec artillerie et machines de guerre. L'historiographie romantique des 119 chevaliers normands défenseurs du Mont-Saint-Michel ayant résisté pendant trente ans et qui firent un tel massacre lors de cette attaque de 1434 que les 20 000 Anglais sont repoussés et poursuivis sur les grèves, est une image d'Épinal inventée dans les années 1880 : pendant le siège de 30 ans, l'abbaye forteresse était défendue en permanence que par une vingtaine de personnes alors que les 119 chevaliers pouvaient avoir des membres de leur famille dans l'armée anglaise, l'assaut de 1434 ne comprenait pas plus de 2 000 Anglais 12. C'était la dernière attaque des Anglais au cours de laquelle l'armée de Thomas Scalles a abandonné le 17 juin 1434 des bombardes visibles à l'entrée du Mont-Saint-Michel, après quoi ils se contentent de les surveiller depuis Tombelaine et leurs bastilles. Dès lors, le Mont ne subira plus de siège jusqu’à la libération de la Normandie en 1450.

Les prisons de l’abbaye

Symbole natiional de résistance contre les Anglais, le prestige de l'abbaye décline néanmoins depuis le XIIe siècle, perdant de son intérêt militaire et religieux (le régime de la commende institué en 1523 par le roi de France finit de ruiner l'abbaye), même si des rois continuent de venir en pèlerinage au Mont et qu'il reste un enjeu lors des guerres de Religion (les Huguenots de Gabriel II de Montgommery et son frère Jacques tentent de s'emparer de ce bastion de la Ligue catholique en 1577, 1589, 159115) : elle devient, sous l’Ancien Régime, un lieu de détention pour plusieurs personnes incarcérées en vertu de différentes juridictions : des légendes prétendent que des abbés ont aménagé des cachots dès le XIe siècle. Une prison d'État est attestée sous Louis XI qui édifie des cages de fer. Le relâchement des mœurs (certains moines vivent avec femmes et enfants) malgré la réforme en 1622 par les Mauristes et le manque d'entretien incitent les rois de France à l'utiliser alors essentiellement comme prison (à la fin du XVIIIe siècle, elle n'abrite plus qu'une dizaine de religieux), elle gagne son surnom de « bastille des mers » où sont emprisonnés notamment Victor Dubourg de La Cassagne ou Desforges16.

Lorsque les derniers bénédictins quittent le Mont en 1791 (l'abbaye est alors désignée sous le nom « Mont Michel ») sous la Révolution, celle-ci devient alors uniquement une prison où sont incarcérés, dès 1793 (elle porte alors le nom de « Mont libre »), plus de 300 prêtres réfractaires17. Plusieurs émeutes dénoncent les mauvais traitements : sous Louis-Philippe d'Orléans, des prisonniers ultraroyalistes comme républicains, bien qu'ils ne se mêlent pas lors de leurs promenades deux fois par jour sur la plate-forme devant l'église, se liguent contre le directeur de prison Martin des Landes qui est remplacé. Néanmoins grâce à la « pistole »18, les plus riches peuvent payer geôliers contre des sorties dans la ville basse, les autres peuvent emprunter des ouvrages rares recopiés par les moines au scriptorium. Jusqu'à 700 prisonniers travaillerons dans des salles de l'abbaye transformées en ateliers. Confectionant des chapeaux de paille dans l'église abbatiale, cette dernière subit en 1834 un incendie attisé par la paille19. Après la détention de socialistes au Mont de Martin Bernard, Armand Barbès et Auguste Blanqui, divers intellectuels, dont Victor Hugo, dénoncent l’abbaye-prison qui sera fermée par décret impérial en 1863. Les 650 prisonniers d'État et détenus de droit commun sont alors transférés sur le continent12.

En 1794, un dispositif de télégraphe optique, le système de Chappe, est installé au sommet du clocher faisant ainsi du Mont-Saint-Michel un maillon de la ligne télégraphique Paris-Brest. En 1817, les nombreuses modifications effectuées par l’administration pénitentiaire entraînent l’écroulement de l’hôtellerie édifiée par Robert de Torigni.

Baie du mont Saint-Michel

La baie du mont Saint-Michel ou baie du Mont-Saint-Michel1 est une baie située entre la Bretagne (au sud-ouest) et la péninsule normande du Cotentin (au sud et à l'est), la baie appartient au club des plus belles baies du monde et est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le marnage très important dans la région (plus de dix mètres) permet à une grande partie de cette baie d'être découverte à marée basse. Deux îlots granitiques se trouvent dans la baie du mont Saint-Michel, Tombelaine et le mont Saint-Michel. Le secteur abrite une grande variété d'oiseaux et des phoques veaux marins.

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La baie du mont Saint-Michel s'étend sur une superficie d'environ 500 km2.

Les cours d'eau et les divagations des rivières

Trois cours d'eau se jettent dans cette baie (et la traversent à marée basse): le Couesnon, maintenant endigué à l'ouest du mont Saint-Michel, la Sée et la Sélune. La très faible pente de la baie et l'important marnage provoquent par grande marée d'équinoxe la formation d'un mascaret (“barre”) dans ces rivières qui peut remonter plusieurs kilomètres dans les terres. Le mont fut ensuite ballotté par les divagations des cours des trois fleuves qui abreuvent encore la baie du mont Saint-Michel. Ces cours d'eau sont : la Sélune, la Sée et surtout le Couesnon qui, marquant autrefois la frontière entre la Normandie et la Bretagne se mit dit-on soudainement à couler à l'ouest du mont, faisant ainsi passer ce dernier en Normandie. En réalité, jusqu'au XVIIIe siècle, l'embouchure de ce dernier se trouvait à 6 km du rocher. Cela est donc une légende qui amuse les habitants frontaliers qui savent que la frontière ne se situe pas sur le Couesnon proprement dit mais sur la terre ferme à 4 km à l'ouest, au pied du massif de Saint-Broladre. Un vieux dicton local a cependant immortalisé l'évènement :

« Li Couesnon a fait folie
Si est le Mont en Normandie »
« Le Couesnon dans sa folie
A mis le Mont en Normandie »

Les plus importantes marées d'Europe

Le plus grand marnage observé en Europe est dans la baie du mont Saint-Michel : d'une amplitude moyenne de 10 mètres, il atteint 12 mètres en vive-eau moyenne, 16 mètres lors des vives eaux exceptionnelles. Ces coefficients sont accentués par la faible profondeur de la baie et l'effet barrière de la presqu'île du Cotentin qui diffracte l'onde de marée, formant ainsi une onde stationnaire qui a une amplitude double de l'onde progressive au large de Cherbourg2.

La mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L'expression consacrée est « qu'elle revient à la vitesse d'un cheval au galop ». La vérité est que le marnage n'est observable dans sa totalité qu'à l'entrée de la baie (les fonds autour du mont Saint-Michel sont au-dessus du niveau des basses mers) qu'elle est plus proche de la vitesse d'un homme qui marche, la vitesse maximale constatée étant de l'ordre de 6,1 km/h3, mais elle a malheureusement coûté la vie à beaucoup d'imprudents.

Les marées provoquent un brassage important des eaux, ce qui favorise la production biologique. L'estran, la partie du littoral qui subit l'alternance des marées mesure environ 200 km2.

Le phénomène du mascaret ne se produit que pour des marées de coefficient supérieur à 80 mais il s'est raréfié depuis les travaux d'aménagements de la baie (sites d'observation privilégiés : polder Tesnières au sud ouest du mont, Couesnon)2.

La tangue et les sables mouvants

Les alluvions fluviales continuellement brassées par le flux et reflux des marées, mélangées aux coquillages brisés donne naissance à la tangue, un riche fertilisant qui fut longtemps utilisé par les paysans des environs pour amender leur sols.

La baie présente la particularité d'être pratiquement plate et donc sujette à l'envasement (sables mouvants). La traversée des grèves de la baie peut s'avérer dangereuse en l'absence d'un guide expérimenté. La traversée de la Sée et de la Sélune n'oppose qu'une maigre difficulté, mais il existe plusieurs zones de sables mouvants dans les parties sableuses de la baie, surtout les chenaux, comme dans toute zone très plate, qui divaguent de jour en jour.

Conjuguée à une amplitude de marée exceptionnelle, cette configuration rend la zone dangereuse, par temps de brume (perte totale de repères), causant des noyades non par réel enlisement, mais par épuisement : on ne peut marcher dans une vase thixotropique, sans être aguerri, car le sol tout à la fois se dérobe sous le mouvement et bloque si on ne bouge pas. Si le chenal se remplit alors, il convient de dégager ses pieds au maximum et de nager à la force des bras ; la théorie prévoit que l'on flotte, mais l'hypothermie tue si on ne se dégage pas rapidement. Essayer d'empêcher une personne de s'enliser en la tractant afin qu'elle retrouve la terre ferme est impossible, puisque son poids équivaut approximativement à celui d'une voiture dans cette situation.

Beaucoup plus souvent, des désagréments arrivent aux voitures garées un peu trop longtemps sur des places un peu bas. Leur masse volumique importante les enlise : il est toujours inutile de les tracter, même avec une voiture; il faut les dégager à la grue après avoir fluidifié le sable qui les aura bloquées.

La digue et les polders

La digue

De longue date, la baie du mont Saint-Michel fut l'objet de travaux de poldérisation de la part de ses propriétaires riverains. Du VIIIe au XVIIe siècle, les cordons coquilliers déposés par la mer entre la pointe de Château-Richeux et le massif de Saint-Broladre avaient été mis à profit pour endiguer les marais de Dol. À l'Est de la chapelle Sainte-Anne, on distingue encore cette digue qui marque la limite Sud des polders et que l'on désigne sous le nom de digue de la Duchesse-Anne.

La digue de la Duchesse-Anne, construite au XIe siècle en granit, s'étend sur quelque 20 km.

En 1769, une concession d'environ 2 500 hectares fut accordée, au sud du Mont, au sieur Quinette de la Hogue, armateur à Granville, sur les grèves du Couesnon, le long des rivages de Moidrey, Beauvoir, Ardevon et Huisnes, en compensation d'un moulin perdu par fait de guerre. Un patient travail de conquête de ces terres aboutit en 1810 à ce que 930 hectares soient enclos et cultivés entre Moidrey et le Mont. Les digues d'enclôture étaient légères, pour des raisons de coût, et résistaient mal aux attaques des rivières. C'est pourquoi entre 1802 et 1806, Quinette de la Hogue et son associé Combes essayèrent d'endiguer et de fixer le cours du Couesnon entre Moidrey et le Mont. Mais, le Couesnon eut raison de ces efforts, et en 1848 les deux-tiers des 930 hectares avaient disparu. De plus, en 1836, la Sélune avait détruit les enclos d'Huisnes et d'Ardevon.

En 1856, M. Mosselman, fondateur de la Cie des Polders de l'Ouest, obtient une nouvelle concession pour rendre cultivables les 3 800 hectares de grèves compris dans le quadrilatère formé par la chapelle Sainte-Anne,l'anse de Moidrey,la Roche-Torin et le Mont.

L'action la plus marquante en ce sens fut la construction en 1880 d'une digue insubmersible par les Ponts et Chaussées, malgré l'opposition de diverses autorités. Cette digue et celle de la Roche-Torin précipitèrent l'ensablement de la baie, et il est maintenant question de démolir la digue qui relie le mont au continent, cela afin d’endiguer cet ensablement qui menace l'insularité du mont. La digue d'accès construite en 1880, qui retient le sable, aggrave donc l'ensablement naturel de la baie, au point que le mont pourrait cesser d'être une île. Aujourd'hui, les polders couvrent une superficie de 3 100 ha.

À peine finie, querelles et protestations de toutes sortes (Clemenceau (1881) par anticléricalisme : dépenser de l’argent pour des moines ! Victor Hugo (janvier 1884) par symbolique de l’île, de Maupassant (juillet 1884) et une foule d’autres sont exprimées.

Mais bientôt (en 1901) le chemin de fer arrive (il restera jusqu’en 1938). Le canal sert de réserve d’eau douce en été ; il permet d’éviter l’inondation de Pontorson ; il aide à la sédimentation du marais blanc. Le schorre (les herbus ou prés-salés) s’étend.

Après la Seconde Guerre mondiale, où l’armée allemande a délibérément inondé (en eau de mer) les polders, il faut reconstruire, et on repoldérise cette fois aussi en rive droite du Couesnon. Un immense projet (Centre d’études des Marées) voit le jour : séparer la baie en deux bassins, un à l’ouest et l’autre à l’est et jouer de la marée et du Couesnon convenablement orienté vers deux déversoirs pour faire une immense centrale hydroélectrique de marée. Ce projet ne sortira des cartons qu’en miniature (l’usine de la Rance) : les ostréiculteurs et les mytiliculteurs ont eu gain de cause et actuellement bien que le naissain vienne toujours de Marennes, l’essentiel de la production française de moules est celle des Hermelles, juste au nord du Vivier-sur-Mer.

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Le Mont-Saint-Michel Manche Basse Normandie

Le Mont-Saint-Michel1 est une commune française située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie qui tire son nom d’un îlot rocheux consacré à saint Michel où s’élève aujourd’hui l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie et le deuxième de France (après l'Île-de-France) avec plus de 3 000 000 de visiteurs chaque année2 (3 250 000 en 20063). Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 170 mètres au-dessus du rivage. Élément majeur, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18624 (60 autres constructions étant protégées par la suite5) ; la commune et la baie figurant depuis 19796 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

En 2009, la commune comptait 44 habitants7, appelés les Montois.

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Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, rocher sur lequel a été construit un sanctuaire en l’honneur de l’archange saint Michel à partir de 709. Antérieurement à cette date, il fut connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il fut couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari).

Le rocher ne représente qu’une petite partie de la commune qui s’étend aussi sur la digue et plusieurs dizaines d’hectares de polders. La partie essentielle du rocher est couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine.

Le mont Saint-Michel, situé à 48°38'10" de latitude nord et à 1°30'40" de longitude ouest, baigne dans la baie du mont Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot est une excroissance granitique d’environ 960 mètres de circonférence, qui atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, au-dessus de laquelle s’élève l’abbaye. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.

En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le Mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires. » (extrait de L’Avranchin monumental et pittoresque, t. 2, p. 310, 1846).

Le Mont était rattaché depuis l'époque de Charlemagne au diocèse d'Avranches, en Neustrie. En 867, le traité de Compiègne attribua l'Avranchin à la Bretagne : c'était le début de la période "bretonne" du mont Saint-Michel. L'Avranchin, tout comme le Cotentin ne faisaient pas partie du territoire concédé à Rollon lors de l'établissement des Normands en 911 - le mont Saint-Michel restait provisoirement breton. Il l'était encore en 933 lorsque Guillaume Ier de Normandie récupéra l'Avranchin : la frontière était alors fixée à la Sélune, fleuve côtier qui se jetait à l'est du Mont.

Quelques décennies plus tard, en 1009, la frontière sud de l'Avranchin (et, partant, de la Normandie) fut déplacée jusqu'au Couesnon, fleuve côtier dont l'embouchure marqua pendant des siècles la limite officielle entre la Normandie et la Bretagne (bien avant d'être remplacée par une limite topographique fixe).

L'histoire et la légende se brouillent à cette date. Les textes de l'époque ne précisent pas le sort du mont Saint-Michel (ni sa localisation par rapport au Couesnon), mais son rattachement à la Normandie est attesté quelques décennies plus tard, et il est déjà effectif lorsque Guy de Thouars incendie le Mont en avril 1204.

Or, une légende affirme que le Couesnon, lors d'une de ses fréquentes divagations, se serait mis à déboucher à l’ouest du Mont, faisant ainsi passer ce dernier en Normandie. Si cette légende est exacte, le Mont aurait été situé à l'ouest du Couesnon en 1009 et la divagation du Couesnon se situerait quelques décennies plus tard. Si elle est fausse, le Couesnon se jetait déjà à l'ouest du mont Saint-Michel en 1009.

Quoi qu'il en soit, le mont Saint-Michel aura été breton de 867 à 1009 ou, dans le cas où la légende du basculement du Couesnon serait exacte, de 867 aux environs de 1050 - c'est-à-dire un peu plus d'un siècle. Depuis lors, le mont Saint-Michel est considéré normand. La limite officielle entre la Bretagne et la Normandie est désormais fixée indépendamment de la localisation d'un cours d'eau - et précisément à 4 km à l’ouest, au pied du massif de Saint-Broladre. Il n'est donc plus possible pour le Mont de changer de région administrative, ni de département.

Il faut noter que l'hypothèse d'une divagation importante du Couesnon est parfaitement cohérente et vraisemblable, tant les lits des cours d'eau pouvaient varier, en l'absence de toute canalisation - et parfois de plusieurs dizaines de kilomètres. Le fait que l’embouchure du Couesnon se trouvait à 6 km du rocher au XVIIIe siècle n'apporte aucune information sur sa position au fil des siècles précédents - la topographie rend même inévitable qu'il ait bougé régulièrement. En revanche, aucun texte n'atteste qu'il ait basculé d'un côté du mont Saint-Michel à l'autre.

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La baie

Article détaillé : Baie du mont Saint-Michel.

Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) a donné à son tour son nom à la baie du mont Saint-Michel, elle aussi classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

La baie du Mont-Saint-Michel est le théâtre des plus grandes marées d’Europe continentale, jusqu’à 15 mètres de différence entre basse et haute mer. La mer rejoint ensuite les côtes « à la vitesse d’un cheval au galop », comme le dit l’adage.

Histoire

L’histoire ancienne de la commune étant peu dissociable de l’histoire de l’abbaye elle-même, nous renvoyons à l’article consacré à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, y compris pour les périodes gauloise et romaine.

Monuments et lieux touristiques

Article détaillé : Liste des monuments historiques du Mont-Saint-Michel.

61 immeubles de la commune sont protégés au titre des monuments historiques5, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.

Gastronomie locale

Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons de pré-salé). Le mouton ou l’agneau de pré-salé est ainsi une spécialité locale, à déguster de préférence grillé au feu de bois.

Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.